L’investissement local est reparti en 2011 en dépit de la raréfaction du crédit
Si Dexia Crédit Local (DCL) n’est plus le premier prêteur des collectivités, sa «note de conjoncture» reste une référence. Pour 2011, elle fait état d’une progression de 2,9% de l’investissement local en France, qui atteint 51,9 milliards d’euros. «Dans un contexte particulièrement difficile, et après la forte baisse constatée l’an dernier, l’investissement local repart à la hausse en 2011, en particulier dans le bloc communal, relève Thomas Rougier, directeur des études France de DCL. Il est encore largement autofinancé cette année grâce à une épargne stimulée par des dépenses de gestion contenues et la progression de certaines recettes», tels les droits de mutation sur les transactions immobilières. Les départements en ont particulièrement bénéficié, mais sont aussi la seule catégorie à avoir de nouveau réduit ses investissements, sur fond d’incertitudes fiscales et économiques.
L’encours de la dette des collectivités atteindra en fin d’année 154,7 milliards d’euros (+1,8%) et restera inférieur à 8% du PIB français. Selon Thomas Rougier, ce niveau «n’est pas un problème en soi», mais «un enjeu» compte tenu de la hausse des transferts de compétences de l’Etat vers les collectivités locales et de la crise des dettes souveraines.
Les collectivités ont en tout cas limité leur recours à l’endettement pour la troisième année de suite. Celui-ci a progressé de 2,7 milliards d’euros, contre 6 milliards en moyenne entre 2003 et 2010. Le chiffre «pourrait être revu à la hausse si l’enveloppe de la Caisse des dépôts est consommée», pointe Thomas Rougier. L’institution de la rue de Lille a débloqué le mois dernier 3 milliards d’euros pour combler le retrait des banques qui anticipent les règles de Bâle 3, défavorables aux activités qui ne génèrent pas de dépôts. En panne de liquidités, Dexia a bénéficié de 628 millions d’euros déjà totalement engagés, selon Jean-Luc Guitard, directeur France de DCL.
Deux milliards supplémentaires issus de la CDC sont prévus pour permettre aux collectivités de boucler leur budget. «Il y aura environ 17 milliards d’emprunts nouveaux cette année et on pourrait atteindre 18 milliards, indique Thomas Rougier, [alors que] le besoin s’élève à 17 milliards». Sans l’aide de la CDC, Jean-Luc Guitard constate seulement «12 milliards de production bancaire, contre 18 milliards l’an dernier». Soit une baisse d’un tiers des crédits accordés par les banques.
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