L’inquiétude monte sur la conjoncture économique en zone euro
La faiblesse de la croissance au troisième trimestre pourrait pousser la BCE à adoucir son discours en décembre.
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Bastien Bouchaud
La croissance de la zone euro est ressortie inférieure de moitié aux attentes des économistes.
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Crédit Thinkstock.
La zone euro n’avait pas connu de croissance si molle depuis le deuxième trimestre 2014. Avec un rythme de 0,16% au troisième trimestre, un chiffre arrondi à 0,2% par Eurostat, la croissance de la région est ressortie inférieure de moitié aux attentes des économistes et à son rythme du deuxième trimestre. L’indice du sentiment économique a quant à lui enregistré un cinquième mois consécutif de recul, même s’il reste à un niveau élevé de 109,8, tandis que les PMI d’octobre publiés la semaine dernière esquissent un quatrième trimestre atone, avec un indice composite au plus bas depuis plus de deux ans à 52,7. Pas de quoi repousser la fin du QE, mais peut-être suffisant pour remettre en cause le ton confiant de la Banque centrale européenne (BCE) sur l’économie.
«La BCE continue de parler de la force de la demande intérieure, ce qui va à l’encontre des données, et s’attend même à un rebond de la consommation dans le futur, ce qui paraît encore moins probable», juge Fabio Balboni de HSBC, selon qui la réunion de décembre pourrait donnait lieu à un «rappel à la réalité» pour la banque centrale à l’occasion de la publication de ses nouvelles prévisions économiques. «Nous pensons que la BCE s’en tiendra à son projet de cesser les rachats d’actifs cette année mais la récente volée de statistiques en retrait laisse penser qu’elle soulignera que le resserrement monétaire est dépendant des chiffres à venir», estime de son côté Jessica Hinds, économiste de Capital Economics.
Seules la France et l’Italie ont publié hier des estimations avancées du PIB. Le rebond de la croissance française, limité à 0,4%, signifie que la prévision du gouvernement d’une croissance à 1,7% cette année pourrait s’avérer trop optimiste, ce qui viendra compliquer ses engagements en matière de finances publiques. La stagnation de l’économie italienne au troisième trimestre pourrait quant à elle être un signe avant-coureur des difficultés à venir alors que «les pressions sur les marchés financiers vont progressivement entraîner un resserrement des conditions de crédit et une baisse du sentiment économique» d’ici la fin de l’année, estime Marco Protopapa de JPMorgan. Elle risque également de tendre encore les relations entre Rome et Bruxelles, la première y voyant une justification de plus en faveur de sa politique de relance, la seconde une confirmation de l’optimisme infondé des prévisions économiques du gouvernement.
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