L’infirmerie des LBO français se vide provisoirement
Frans Bonhomme, Winoa, Camaïeu: plusieurs LBO en difficulté ont trouvé un accord avec leurs créanciers pour alléger le fardeau de leur dette
Publié le
Alexandre Garabedian
L’infirmerie des LBO français se vide provisoirement. Illustration: PHB
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Les mauvais élèves du LBO en France passent leur examen de rattrapage. Dernière restructuration en date à aboutir, celle de Frans Bonhomme, le leader français de la canalisation. Comme prévu, le fonds Cinven, qui avait racheté l’entreprise pour 900 millions d’euros en 2005, a laissé les rênes de la société aux créanciers, tout en restant actionnaire minoritaire, selon un communiqué publié le 6 décembre. Le fonds Centerbridge, qui avait ramassé de la dette sur le marché, deviendra majoritaire pour ce qui constitue sa première opération en France, aux côtés d’un autre hedge fund, minoritaire, Angelo Gordon.
Très franco-français, touché par la crise du BTP, Frans Bonhomme était encore lesté d’une dette de 550 millions d’euros. Celle-ci sera réduite à moins de 300 millions, autour de 6 fois l’Ebitda, et ses échéances repoussées. La restructuration, entamée en mai avec Lazard comme conseil de Cinven, sera finalisée fin janvier 2014.
Dans l’industrie toujours, un autre dossier, Winoa, l’ex-Wheelabrator, a connu son dénouement fin novembre. Le fabricant de grenailles abrasives, détenu par LBO France, a été cédé à KKR, qui avait acquis 50% de la dette lors des six derniers mois. Au passage, la dette de l’entreprise a été ramenée de 340 à 188 millions d’euros (soit 3,76 fois l’Ebitda 2012) et s’est accompagnée d’une injection de capital de 60 millions. LBO France avait racheté la société pour 373 millions d’euros en 2005.
Autre dossier de place, Camaïeu aurait trouvé un accord. Avec une issue moins douloureuse pour Cinven – encore lui – et ses deux associés, les fonds Polygon et Boussard & Gavaudan. Les créanciers ont préféré éviter une mise en sauvegarde de la chaîne d’habillement bon marché, pour rééchelonner son milliard d’euros de dette.
Son concurrent Vivarte, également présent dans la chaussure (André, etc.), opte lui pour une solution encore plus acceptable. Son patron Marc Lelandais a demandé le 5 décembre à ses créanciers le droit de ne plus respecter les clauses contractuelles de sa dette, déjà rompues, jusqu’en août 2014. Pariant sur le redressement de son activité et les fruits de sa restructuration, le groupe continuera donc à payer ses intérêts et ne demande pas de rééchelonnement. Il faut dire qu’avec 2,8 milliards d’euros de dette en jeu, «personne n’a intérêt à une restructuration: le dossier est trop gros», souligne un banquier. Les créanciers doivent rendre leur réponse sous quinze jours.
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