L’indien Sun Pharma s’expose à des risques importants liés au rachat de Ranbaxy

Quatre des cinq usines indiennes de Ranbaxy sont dans l’interdiction d’exporter leurs produits vers les Etats-Unis depuis plus de cinq ans
Yves-Marc Le Réour

Le laboratoire indien Sun Pharma, contrôlé par l’homme d’affaires Dilip Shangvi, devra relever deux défis importants à la suite de l’offre de rachat pour 3,2 milliards de dollars en titres de son homologue Ranbaxy, spécialisé dans les médicaments génériques. Le premier problème concerne les problèmes réglementaires de Ranbaxy aux Etats-Unis, que Daiichi Sankyo, son actionnaire majoritaire avec 63,5% du capital, a été dans l’incapacité de régler depuis plus de cinq ans.

Pour cause de non-respect de certaines contraintes de production, les médicaments sortant de quatre des cinq usines indiennes de Ranbaxy sont bannis du territoire américain depuis l’automne 2008. En janvier 2012, le groupe indien a de surcroît fait l’objet d’une injonction permanente de l’Agence américaine des médicaments (FDA) qui l’a accusé de «violation de la régulation sur la fabrication des médicaments et de falsification d’informations sur les demandes d’autorisation».

Daiichi Sankyo, qui a accepté de payer une indemnité à Sun Pharma et à Ranbaxy à la suite de ces difficultés rencontrées outre-Atlantique, détiendra 9% de l’ensemble Sun Pharma-Ranbaxy. De quoi consoler en partie le groupe nippon d’avoir enregistré une moins-value sur la valeur de sa participation, acquise en 2008 pour environ 4,6 milliards de dollars. Quant à Dilip Shangvi, il sera à la tête de 54,7% du capital de l’entité élargie. Sun Pharma, dont l’unité de production de céphalosporine en Inde a également été récemment interdite d’exportation aux Etats-Unis, entend renforcer grâce à cette acquisition son exposition sur les marchés émergents. Il anticipe des synergies de revenus et de coûts de 250 millions de dollars à partir de la troisième année suivant la conclusion de la transaction attendue début 2015.

L’Autorité boursière indienne (Sebi) vient par ailleurs d’ouvrir une enquête liée à des soupçons de délit d’initiés sur le titre Ranbaxy, rapportait hier le journal India Today de sources proches du dossier. Le cours de Bourse de la cible a en effet connu la semaine dernière d’importants mouvements dans des volumes élevés sur plusieurs places boursières du pays. L’Autorité, qui a reçu plusieurs plaintes à ce sujet, a commencé à collecter les données disponibles via son système intégré de surveillance des marchés. Sun Pharma a de son côté récusé tout délit d’initié de la part de sa filiale Silverstreet Developers, en charge de l’acquisition des titres Ranbaxy pour le compte de sa maison mère.

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