L’Europe regagne la faveur des fonds de LBO
La première impression est trompeuse. Pour la première fois depuis de la crise de 2008, les opérations de capital-investissement ont dépassé l’an dernier la barre des 200 milliards de dollars, à 231 milliards précisément, indique le rapport annuel de Bain & Company dévoilé hier à Paris. Les acquisitions par effet de levier baissent toutefois de 3% en valeur, une fois exclus les retraits de cote de Dell et Heinz, pointe le cabinet de conseil.
En dehors de ces deux opérations qui totalisent plus de 50 milliards de dollars, les rachats d’entreprises par les fonds ont diminué de 22% en valeur et 21% en nombre aux Etats-Unis.
En Europe en revanche, ils ont augmenté de 36% en valeur, avec une baisse de 6% seulement en nombre de transactions. Cela illustre «l’augmentation de la taille moyenne» des LBO (leverage buy-out), relève Jérôme Brunet, associé chez Bain, après une année 2012 «en berne » pour le continent. Le rebond a touché l’Europe du Nord mais aussi l’Espagne. Le pays est recherché par «les acteurs qui jouent les cycles» et profitent de la faible valorisation des actifs bancaires et immobiliers, pointe Jean-Marc le Roux, également associé à Paris.
La France n’a pas reconquis les investisseurs, mais le marché est marqué par plusieurs sorties sur le marché boursier, récentes ou à venir (Elior, etc). A l’échelle mondiale, les introductions en Bourse (+67%) et les rachats «stratégiques» par des sociétés non financières (+9%) ont porté les ventes de participations, en hausse de 9% l’an dernier en nombre d’opérations. Le rebond de l’Europe (+24%) a cette fois compensé la faiblesse du marché américain (-5%). Pour 2014, Bain table plutôt sur un rebond des LBO secondaires.
Si de nombreux fonds n’ont pas fini de liquider les portefeuilles d’avant-crise et peinent à lever un nouveau véhicule, « pour la troisième année consécutive les LP (investisseurs institutionnels, ndlr) ont récupéré davantage qu’ils n’ont donné, assure Jérôme Brunet, en référence au retour sur transactions réalisées ou estimées. Cela devrait laisser de l’espace pour réinvestir». «35% des LP vont investir plus cette année», abonde Jean-Marc Le Roux qui cite le cas de CalPERS. Le fonds de pension californien, qui fait référence dans le secteur, prévoit de porter son allocation dans le capital-investissement de 11% à 14%.
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