L’Europe a épuisé son potentiel de rebond
Changement de paradigme. Le mois le plus court de l’année aura creusé l’écart entre l’Europe et les Etats-Unis et le Japon. Le CAC 40 a gagné 2% et l’Euro Stoxx 50 3,3%, quand le S&P 500 cédait 2,5% et le Nikkei 6,1%. Une tendance que n’avait pas anticipée le Panel Actions. Même si les 21 gérants interrogés par L’Agefi entre le 19 et le 27 février 2025 ont pour la plupart relevé leurs cibles sur les indices actions européens. Le potentiel est désormais très limité à court terme : +0,7% pour le CAC 40 et +0,1% pour l’Euro Stoxx 50 à six mois, mais aussi à un an : +3% pour la place parisienne, et +2% pour l’indice paneuropéen.
A contre-courant des autres panélistes, Carmignac a révisé en forte baisse ses prévisions à douze mois. Comme OFI Invest AM, il estime que le CAC 40 aura perdu 4% dans un an. A contrario, Auris Gestion mise sur un rebond de 10%. Même constat sur l’indice paneuropéen, attendu en recul de 5% sur un an par Carmignac et State Street GA, tandis qu’Auris Gestion et Richelieu Gestion estiment que la barre des 6.000 points sera atteinte ou dépassée (+10%).
La situation actuelle «milite plutôt pour une rotation de la cote, qui devrait indirectement profiter aux valeurs européennes, notait récemment Ecofi. En valeur absolue cette fois, les actions de la zone euro sont tout juste bon marché et cela cache quelques disparités. Les actions allemandes sont, par exemple, plus chères qu’elles ne le sont habituellement, tandis que le marché espagnol demeure sous-évalué. L’argument d’un rattrapage de valorisation est encore valable, mais cela ne suffit pas».
A lire aussi : Le potentiel de hausse des marchés actions se réduit comme peau de chagrin
La tendance est bien différente sur les Etats-Unis. Un gérant sur deux a conservé ses objectifs du mois dernier. Les autres les ont abaissés, hormis Cholet Dupont Oudart et Raymond James, qui les ont relevés. Le Panel anticipe désormais une progression de 5% à six mois et de 8% à un an, dans une fourchette de -3% pour Carmignac, à +19% pour Raymond James.
L’optimiste n’est pas à l’ordre du jour sur le marché japonais. Près des deux tiers des gérants ont réduit leurs cibles. Aucun ne les a relevées. Néanmoins, après la baisse de février, le Nikkei conserve un important potentiel de hausse, de 8% à horizon six mois et de 10% à un an, entre +4% pour Auris Gestion et +14% pour Axa IM, OFI Invest AM et Sienna IM. Les actions japonaises «se négocient toujours à un rabais par rapport à leurs pairs, avec un ratio cours/bénéfice à terme de 15,3 fois, contre 22,6 fois aux États-Unis, relevait récemment HSBC AM. De plus, elles affichent un ratio prix/valeur comptable relativement bas d’environ 1,5 fois. Bien que les entreprises exportatrices puissent souffrir de l’incertitude politique mondiale, nous restons donc relativement optimistes pour les actions japonaises.»
Plus d'articles du même thème
-
VanEck lance le premier ETF Ucits sur les semi-conducteurs chinois
La stratégie est cotée à Francfort et à Londres. -
Jacques Vigner (Amafi) : «Les responsables politiques doivent envisager le rôle des marchés financiers de façon stratégique»
Responsable de la supervision stratégique Marchés mondiaux chez BNP Paribas et également vice-président de l’association internationale des produits dérivés (Isda), le nouveau président de l’Association française des marchés financiers (Amafi) commence son mandat avec la volonté d’obtenir un soutien des décideurs politiques. -
Le fonds BlueSpring de Bpifrance place son plus gros ticket dans N4 Group
Sept mois après son lancement, le fonds de 200 millions d’euros dédié aux petites capitalisations françaises compte trois participations et siège au conseil de chacune.
A la Une
Les ETF ont collecté 2.240 milliards de dollars dans le monde depuis le début de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas -
AcrobateRoyaume-Uni : un budget pour répondre à la crise au Moyen-Orient
Dans un contexte économique tendu, le ministre des Finances John Healey a joué sur les réserves pour soutenir le pouvoir d'achat des Britanniques. Il a remis à plus tard les décisions qui leur demanderont des efforts