L’étau se resserre autour des banques soupçonnées de manipuler les changes
La liste des suspects s’allonge dans le scandale de la manipulation présumée du marché des changes. Le nom de la Société Générale est apparu mercredi dans les dépêches d’agences et la presse américaine. La banque de la Défense, qui ne fait pas partie du Top 10 du forex, n’a pas voulu faire de commentaire. Au total, une douzaine de banques seraient sommées par le régulateur des services financiers de New York de transmettre emails et messages instantanés échangés par leurs traders.
Sont concernées Deutsche Bank, Citi et Barclays, qui concentrent 40% du marché des changes selon Euromoney, mais aussi RBS (numéro 7) et des acteurs mineurs comme Goldman Sachs, Lloyds et Standard Chartered.
Une quinzaine de banques coopèrent actuellement avec les différents régulateurs ou mènent leur propre enquête sur ce dossier, qui s’ajoute aux scandales du Libor et de l’Euribor, et aux soupçons sur le prix du pétrole brut en Europe. Les investigations ont officiellement débuté en juin en Grande-Bretagne et en octobre en Suisse. Douze procédures sont menées conjointement aux Etats-Unis, en Europe et à Hong Kong, selon Bloomberg. Les sept premiers acteurs des changes, qui comptent aussi UBS, HSBC et JPMorgan, ont tous reconnus être concernés et ont commencé à faire le ménage dans leurs rangs. Au moins une vingtaine de traders ont été licenciés ou ont démissionné. Mercredi, Deutsche Bank a limogé trois traders à New York et un autre en Argentine, et Citigroup a annoncé en interne le départ prochain de son responsable mondial des changes, officiellement pour raisons personnelles. La chasse aux sorcières risque de se poursuivre, à l’heure où les banques d’investissement entrent dans leur mercato annuel.
Sur le fonds, l’ampleur de la manipulation présumée reste inconnue. Les traders sont soupçonnés de s’être entendus pour influencer le taux de référence quotidien de l’euro-dollar. Les échanges sur la livre sterling, le franc suisse, le dollar australien et des monnaies scandinaves sont aussi passés à la loupe.
Très informatisé, le marché des changes brasse quotidiennement 5.000 milliards de dollars (3.700 milliards d’euros) mais accuse une baisse de volumes depuis quelques mois, comme l’a concédé UBS dans ses résultats du dernier trimestre. La plate-forme d’échanges de Thomson Reuters a vu son activité diminuer de 11,5% en décembre, atteignant son plus bas niveaux depuis sa création il y a quatre ans.
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