L’état-major de Nomura quitte une banque ébranlée par des délits d’initiés
Le patron de l’activité courtage reprend la présidence de la banque japonaise, qui a vu son bénéfice net chuter de 89% au premier trimestre
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Virginie Deneuville
L’état-major de Nomura n’aura pas survécu au scandale de délits d’initiés qui a frappé la banque japonaise. Le président, Kenichi Watanabe, et son numéro deux, Takumi Shibata, ont annoncé hier leur démission. Ils seront remplacés respectivement, à compter du 1er août, par Koji Nagai, qui dirigeait la maison de courtage Nomura Securities, et Atsushi Yoshikawa, le patron de Nomura pour l’Amérique du Nord.
Alors que des informations confidentielles avaient été fournies par des employés de Nomura lors de trois opérations financières réalisées en 2010, d’autres affaires similaires pourraient remonter à la surface, a indiqué jeudi la banque japonaise dans le sillage de l’annonce de ces démissions. Les délits d’initiés avaient déjà occasionné le mois passé l’annonce d’une division par deux de la rémunération du président et de plusieurs dirigeants et du licenciement de deux cadres.
Le départ de Kenichi Watanabe et Takumi Shibata, qui avaient mené la reprise des activités européennes et asiatiques de Lehman, soulève dès lors des questions sur la poursuite de la stratégie de développement mondial du groupe. Kenichi Watanabe a laissé entendre que des réorganisations pourraient intervenir en dehors d’Asie. Selon Fitch, un ralentissement du développement à l’international, qui a été une source de perte et a accru le profil de risque du groupe, pourrait réduire la pression sur ses notes.
Ce scandale a largement affecté la réputation de la banque, dont les résultats publiés hier ont été lourdement entachés par la banque d’investissement. Le bénéfice net au titre du premier trimestre (clos fin juin) a chuté de 89% à 1,9 milliard de yens (19,7 millions d’euros), la banque de financement et d’investissement ayant accusé une perte de 8,6 milliards de yens.
Depuis le début de l’année, Nomura a enregistré un recul de 10% de ses commissions dans la banque d’investissement par rapport à la même période de l’année précédente, à 507,6 millions de dollars (412 millions d’euros), selon des données Thomson Reuters. La banque a reculé de trois places dans le classement mondial de conseil en fusions et acquisitions et arrive désormais en dixième position. Nomura a gagné 5,7% jeudi matin à la clôture de la Bourse de Tokyo dans l’anticipation de l’annonce d’une refonte de l’état-major, et le titre (ADR) gagnait plus de 7% dans l’après-midi aux Etats-Unis.
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