L’Espagne signe avec brio son retour sur le marché de la dette à très long terme
Les investisseurs, particulièrement étrangers, ont répondu présents hier à l’appel du pays, qui a placé une obligation à 31 ans de 4 milliards d’euros
Publié le
Benoît Menou
Madrid a bénéficié hier d’un signe clair de confiance de la part des investisseurs en plaçant dans de bonnes conditions 4 milliards d’euros sur un emprunt obligataire à 31 ans, première syndication sur une telle maturité à très long terme depuis septembre 2009. Alors que le Trésor envisageait initialement un montant de 2 à 3 milliards, la forte demande de 10,6 milliards d’euros (pour 230 ordres) a permis un relèvement de l’offre, sous la direction d’un syndicat bancaire composé de Barclays, BBVA, Santander, CaixaBank, BNP Paribas et Citigroup.
L’obligation arrivant à échéance le 31 octobre 2044 et portant un coupon de 5,15% a été présentée à un taux supérieur de 250 points de base au taux de référence midswap, procurant un rendement absolu à l’émission de 5,213%.
L’opération réussie par Madrid, tout comme celle concrétisée hier également par l’Italie pour un emprunt à 7 ans, marque le degré de confiance des marchés financiers envers l’Europe périphérique, au lendemain du succès de l’émission à 5 ans pour 7 milliards d’euros par le Mécanisme européen de stabilité (MES), alors même que le redressement économique espagnol tarde à se concrétiser.
Le rendement consenti hier par l’Espagne est bien éloigné en effet des 7% que le royaume devait accorder l’an dernier sur des maturités à 10 ans au plus fort de la crise de la dette en zone euro. Qui plus est, le Trésor espagnol n’a pas manqué de souligner que les investisseurs étrangers ont représenté près des deux tiers (65%) du volume des ordres (dont 28% au Royaume-Uni, 10% aux Etats-Unis, 8% dans les pays nordiques, 6% en Allemagne ou 4% en France), alors que le pays ne pouvait compter l’an dernier qu’essentiellement sur les banques et fonds de pension domestiques.
Les assureurs et fonds de pension ont représenté 32% de la demande, les banques 23%. Rassurés, les marchés actions de la zone euro, notamment les valeurs bancaires, ont d’ailleurs progressé à l’annonce des détails de l’émission à 31 ans.
Le Trésor a précisé avoir grâce à l’émission d’hier bouclé à 90% son programme de financement à moyen/long terme pour 2013, alors que le remboursement anticipé la semaine dernière de 12 milliards d’euros d’emprunts contractés à des taux élevés devrait permettre au pays une économie annuelle de 950 millions. Prochaine étape selon diverses sources, une émission à 50 ans répondant à la demande de certains investisseurs.
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