L’Espagne crée un Fonds spécial pour venir en aide aux communautés autonomes

Le gouvernement veut mettre en place un fonds exceptionnel pour permettre aux régions de financer leurs échéances de dette
Isabelle Birambaux, à Madrid

Contre toute attente, les communautés autonomes espagnoles ne pourront pas se financer à travers les obligations hispaniques mais à travers un fonds spécial destiné à celles d’entre elles qui ne pourront faire face à l’échéance de leurs dettes. Au total, 15 milliards d’euros avant la fin de l’année. L’un des principaux problèmes des régions est en effet leur accès aux marchés pour se refinancer en raison de la frilosité des investisseurs. Affichant une lourde dette, « les communautés autonomes ont besoin d’un mécanisme de financement pour ne pas se déclarer en faillite », estime Jordi Palafox, professeur d’économie à l’Université de Valence.

Selon le Ministre des Finances Cristobal Montoro, il n’a jamais été question de créer des obligations hispaniques, un système de mutualisation de la dette qui aurait permis aux régions d’émettre de la dette garantie par l’état espagnol. Mais le problème d’une telle émission est sa répercussion sur le niveau de la dette publique espagnole, un scénario que le gouvernement cherche à éviter à tous prix. D’où l’idée de la création d’un nouvel outil financier pour venir en aide aux régions. « Il ne s’agit pas de mutualiser le risque des communautés autonomes (....) qui continueront à l’assumer», a insisté Cristobal Montoro à l’issue de la réunion du Conseil de la Politique Fiscale et Financière hier.

Le ministre n’a pas voulu donner plus de détails sur son fonctionnement et sur les sommes qui lui seront allouées, qui selon le ministre, seront débattues lors du Conseil des Ministres d’aujourd’hui. Cristobal Montoro a cependant souligné que les conditions d’accès au fonds seront très sévères: « Il s’utilisera de manière exceptionnelle (...) Les communautés qui en auront besoin seront soumises à de nouvelles conditions d’assainissement de leurs budgets ».

Madrid souhaite en effet contrôler les budgets régionaux. « La réduction du déficit public est une priorité absolue » a martelé Cristobol Montoro qui a annoncé un objectif très strict de 1,5% pour 2012. Pour 2013, Madrid exige même un effort supplémentaire de réduction du déficit à 0,7% et de 0,1% pour 2014. Cette décision a été contestée par de nombreuses communautés, compte tenu de la nouvelle échéance accordée par Bruxelles au gouvernement central pour atteindre ses objectifs.

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