Les surplus de trésorerie contribueront à la reprise des fusions en Europe
Les difficultés macro-économiques de l’Europe ont jusqu’à présent freiné la reprise des fusions et acquisitions dans cette région, qui est ainsi restée à l’écart du rebond constaté à l’échelle internationale depuis l’automne dernier. Plusieurs facteurs devraient néanmoins concourir au regain d’intérêt pour la croissance externe sur le Vieux Continent, jugent les analystes d’Exane BNP Paribas dans une récente étude.
Ils mettent tout d’abord en avant «le retour d’une plus grande confiance sur les marchés actions au cours des six derniers mois, ce qui incitera les grandes entreprises à être moins réservées dans l’utilisation de leur abondante trésorerie». Mal rémunérée, celle-ci représente actuellement en moyenne 15% du bilan des sociétés européennes, un niveau similaire à celui qui prévaut outre-Atlantique. Sous la pression des investisseurs, le faible coût de la dette devrait en parallèle inciter les grandes entreprises à recourir davantage à l’effet de levier pour financer leurs acquisitions. Ceci leur permettra «d’optimiser rapidement leur structure de bilan », souligne l’étude.
Les fusions et acquisitions constituent également une couverture naturelle contre la volatilité des taux de change, en apportant un meilleur équilibre géographique du portefeuille d’activités des entreprises européennes en quête de croissance.
Par rapport à un développement organique, le recours à la croissance externe permettrait en outre «de combler dans des délais plus courts le sous-investissement industriel visible depuis 2008 des deux côtés de l’Atlantique». Cette frilosité persistante apparaît comme préjudiciable à leur capacité à répondre à un redressement de la demande.
Les analystes considèrent d’autre part que le contexte actuel de taux d’intérêt réel négatif a gonflé la valeur actualisée des engagements de retraite, notamment au Royaume-Uni, ce qui a provoqué l’abandon de certaines transactions. Une hausse des taux, même légère, permettrait de diminuer ce type de risque très gênant pour les acquéreurs financiers, particulièrement pour les groupes de capital-investissement.
Actualisant sa liste de sociétés susceptibles d’être rachetées, le bureau d’analyse a notamment fait entrer Bankinter, Portugal Telecom, Jazztel (opérateur de télécoms alternatif en Espagne), ainsi que les groupes de spécialités chimiques Lanxess, Clariant et Arkema.
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