Les représentants de la Place cherchent à mobiliser pour l’avenir d’Euronext
Les représentants de la Place de Paris veulent que les utilisateurs de la Bourse et les acteurs financiers s’intéressent à l’avenir d’Euronext. De sources proches, ils commencent à démarcher des entreprises pour les convaincre de l’intérêt de prendre, le moment venu, une participation dans le capital de l’opérateur de marchés continentaux. Celui-ci devrait être mis en Bourse cette année après avoir été acheté par ICE. L’américain aimerait avant cela céder jusqu'à 30% du capital d’Euronext, selon Bloomberg.
«Je suis frappé de ce que les entreprises sont assez réceptives», assure un connaisseur du dossier. Un petit groupe de représentants de la Place a travaillé à l’automne dernier à un argumentaire pour convaincre des acteurs français et européens de se mobiliser. Selon eux, ils y ont tout intérêt car Euronext offrirait plutôt une bonne rentabilité. Et à condition de faire de nouveaux investissements, il pourrait se développer dans le domaine des actions et de l’obligataire.
Les représentants de la Place essayent donc de créer un consensus autour de l’idée de regrouper un bloc d’actionnaires qui s’investisse à moyen et à long termes. A priori, le modèle de pure coopérative n’est pas privilégié car il faudrait que les actionnaires restent intéressés au développement de la Bourse. La valeur de celle-ci a été estimée (de manière rudimentaire) entre 800 millions et 1,3 milliard d’euros par le groupe d’acteurs de la Place. Ce bloc d’actionnaires devrait avoir au minimum une minorité de blocage et dans l’idéal une majorité. Le camp français veut aussi convaincre des sociétés européennes car il défend un modèle fédéral pour le groupe.
Si les utilisateurs de la Bourse ne se mobilisent pas, certains redoutent qu’Euronext finisse par être racheté par le London Stock Exchange, ce qui pourrait sonner le glas du rayonnement des places continentales. Un rachat par Deutsche Börse serait par ailleurs menaçant pour le spécialiste du post-marché Euroclear puisque le groupe allemand a pour filiale le concurrent Clearstream.
Beaucoup d’acteurs aimeraient avoir des garanties sur l’attractivité réglementaire et fiscale de la Place avant de s’engager. Ils pourraient obtenir des réponses dans le cadre de la commission «Place de Paris 2020», dont le gouvernement a annoncé la réunion prochaine. Paris Europlace présentera ses travaux sur les investisseurs et les intermédiaires financiers dès jeudi.
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