Les rémunérations d’UBS suscitent le débat

Andrea Orcel, le nouveau patron de sa banque d’investissement, va toucher une rémunération différée de 25 millions de francs suisses
Antoine Landrot

UBS a fait acte de contrition face aux scandales qui l’ont affecté en 2012, mais ses dirigeants n’en oublient pas moins de se rémunérer grassement. Le rapport annuel de l’établissement helvétique, publié hier, indique par exemple qu’Andrea Orcel, le directeur général des activités de banque d’investissement recruté en 2012, recevra une prime à la signature de 25 millions de francs suisses (20,25 millions d’euros).

La gratification – également appelée «golden hello», par opposition au «golden parachute» traditionnellement négocié en cas de départ non sollicité – comporte deux éléments, tous deux différés: un versement comptant de 6,364 millions de dollars (4,9 millions d’euros) et plus de 1,75 million d’actions UBS d’une valeur actuelle de 18,5 millions de francs. Leur versement est étalé entre 2013 et 2015.

Comble de la provocation, cette décision intervient moins de deux semaines après la votation des citoyens suisses en faveur d’un strict contrôle des rémunérations des dirigeants d’entreprises, qui les soumet au droit de veto des actionnaires et interdit les primes à l’entrée comme les indemnités de départ. «Conformément aux pratiques du secteur, [Andrea Orcel] a reçu ces primes afin de compenser les rémunérations et les bonus différés auxquels il a dû renoncer auprès de son ancien employeur pour rejoindre UBS», justifie la banque. Le banquier italien a été débauché chez Bank of America Merrill Lynch.

Andrea Orcel semble être un spécialiste du genre. Il avait déjà provoqué des remous en touchant un bonus de 33,8 millions de dollars en 2008, alors que la finance mondiale était en pleine déconfiture. La cote dont il jouit visiblement encore auprès d’UBS est d’autant plus étonnante qu’il est l’architecte principal de l’acquisition et du démantèlement d’ABN Amro par RBS, Santander et Fortis en 2007 – une opération record qui s’est révélée catastrophique.

Sergio Ermotti, lui aussi un ancien de Merrill Lynch, a pour sa part reçu 8,9 millions de francs, dont 6,1 millions de prime à la performance. Malgré la perte financière affichée par le groupe en 2012, «M. Ermotti a mis en œuvre avec succès la stratégie de la firme. […] Ces succès ont permis au conseil d’administration de recommander une augmentation de 50% du dividende du groupe au titre de 2012. De manière générale, les progrès accomplis par la firme au cours de l’année se reflètent dans l’augmentation de 28% de son cours de Bourse», écrit UBS.

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