Les régulateurs américains font un pas décisif pour la régulation des dérivés
Les régulateurs américains ont franchi une étape importante pour une meilleure régulation des marchés dérivés. Hier, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a approuvé la définition précise des «swaps», encadrés par le Dodd-Frank Act de 2010. Cette règle avait déjà été adoptée à l’unanimité par la Securities and Exchange Commission, qui régule une partie des credit default swaps (CDS), la semaine dernière.
L’approbation de cette définition ouvre la voie à l’application d’une douzaine d’autres règles, comme l’enregistrement et l’encadrement des swaps dealers. A partir du mois de septembre, les prix et les volumes des swaps de taux et des CDS échangés aux Etats-Unis devront être publiés en temps réel. La définition des swaps est aussi déterminante à la mise en œuvre de limites de position pour les swaps de matières premières.
«Je redoute que la majorité des opérateurs de marché ne soit pas préparée à appliquer la cascade d’exigences qui va s’abattre sur elle», a d’ailleurs mis en garde un membre de la Commission, Scott O’Malia.
Après avoir épluché plus de 140 commentaires soumis par les professionnels et rédigé quelque 600 pages de définitions, les régulateurs ont décidé que les options seraient incluses dans le champ des «swaps». En revanche, des contrats forwards et des produits d’assurance en seront exclus. Ces définitions seront considérées avec intérêt en Europe. Les législateurs qui sont également en train d’encadrer les marchés dérivés avec les textes MIF et Emir, se disent sans arrêt soucieux d’éviter les problèmes d’extra-territorialité et d’arbitrages réglementaires.
«Après ce jour, les règles fondant la supervision du marché des swaps auront été écrites. Les prochaines réformes majeures à étudier sont celles qui prévoient que les swaps entre des sociétés financières devront être compensés», a expliqué Gary Gensler, le président de la CFTC.
D’ores et déjà, le régulateur américain a rédigé une règle qui exempte de l’obligation de compensation, les «utilisateurs finaux» c’est-à-dire les contreparties non financières qui peuvent prouver qu’elles utilisent des swaps pour couvrir un risque commercial. Cela pourrait représenter 30.000 entités. Les petites institutions financières, qui ont moins de 10 millions de dollars d’actifs devraient aussi être exemptées. Le Trésor pourrait exiger la même chose pour les swaps de change.
Plus d'articles du même thème
-
Limagrain récolte de nouveaux financements
Le semencier vient de renouveler une ligne de crédit syndiquée, quelques semaines après avoir obtenu un prêt de la Banque européenne d’investissement de 300 millions d'euros. -
Eurazeo prend une participation majoritaire dans Lauralu
Lauralu est une société spécialisée dans les infrastructures industrielles déployables -
La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
La Cour d'appel administrative de Paris a récemment établi une distinction entre les dividendes de sociétés françaises versés aux compartiments d'une Sicav et ceux versés à des « pools » établis au sein d'un de ces compartiments.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
« Le DPE, c'est la quintessence de l'échec normatif français »
Pour tenter de donner une réponse à la crise du logement qui frappe la France, le think tank GénérationLibre a publié une note sur l’impact du DPE sur le marché de l’immobilier -
HorlogerieAbyssal
Quand l’esthétique organique des coraux de l’artiste Aude Franjou dialogue avec des montres, elle se mue en un écosystème singulier. -
A guichet fermé
Elles donnent l’heure, mais d’une façon totalement inédite. Les montres à guichet reviennent en force et séduisent autant les collectionneurs esthètes que les fans de belles mécaniques.