Les refinancements bancaires sécurisés gagnent en popularité
La crise financière, associée au durcissement des réglementations, a conduit les banques européennes à diversifier leurs sources de financement pour assurer leur liquidité. Face à des investisseurs devenus méfiants, elles développent le financement sécurisé, proche des traditionnelles obligations foncières, dans des transactions bilatérales.
Le financement bancaire sécurisé (aussi appelé collateral upgrade transaction, security funding transaction, liquidity swap ou collateral switch) consiste pour l’investisseur à financer un établissement sur une maturité fixe, en l’échange d’un collatéral constitué d’actifs illiquides apporté par la banque et d’une rémunération. Les investisseurs sont en général des compagnies d’assurance et des fonds de pension: en effet, ces derniers disposent de passifs stables. Des banques riches en liquidités (principalement américaines) proposent également de telles transactions à leurs homologues européennes.
«D’opérations souvent interbancaires, portant sur des actifs traditionnels (actions, obligations d’entreprises) en 2008, on est passé à des transactions qui impliquent des investisseurs institutionnels et concernent des actifs comme les dettes seniors de titrisation, les prêts garantis export ou les prêts aux PME», indique Gaëlle Philippe, responsable de la gestion ABS chez Axa Investment Managers.
Le placement offre une sécurité à l’investisseur, puisque sa propriété sur le collatéral est reconnue dès le départ en cas de défaut. En outre, le collatéral est surdimensionné par rapport à la valeur de l’actif prêté – dans une fourchette comprise en général entre 115 et 125%. Vis-à-vis des règles prudentielles de Solvabilité 2, l’investisseur assureur peut aussi réduire son risque de contre-partie grâce au collatéral.
S’agissant de transactions privées, la taille du marché est difficile à évaluer. «Leurs montants unitaires constatés oscillent entre 100 millions et un, voire deux milliards d’euros», répond Gaëlle Philippe. En février dernier, le régulateur britannique Financial Services Authority (FSA) a accueilli positivement les liquidity swaps avec les assureurs, «dans la mesure où les risques sont convenablement identifiés et gérés par les deux parties». Ces risques, soulevés par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) l’année dernière, comprennent l’exposition de l’investisseur à une faillite bancaire, donc le risque d’une crise systémique.
Plus d'articles du même thème
-
Le choc sur les taux préoccupe les gérants crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre d’autant plus prudent sur les spreads, ce mois-ci, que la forte hausse des taux souverains commence à avoir un impact qui incite à la sélectivité. -
Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
Contenu de nos partenaires
-
DivanLycées, dette, budget : la France au bord du burn-out
L'accumulation inédite de crises intenses est révélatrice de l'attitude des Français face à l'école, au travail, à la politique, et à un modèle social qui n'a plus les moyens -
EditorialLycéens, actifs, retraités : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Rien de ressoude plus une société divisée qu’un ennemi commun. Or, cet ennemi existe : c’est la dette ! -
Passage en caisseLycées bloqués et émeutes : qui va payer la casse ?
Le mouvement lycéen entamé le 21 septembre dernier ne faiblit pas et vire souvent aux émeutes urbaines. Face à la casse, collectivités, Etat, régions, et contribuables s'inquiètent de devoir payer la facture