Les rachats d’actions ne favorisent pas la performance boursière
Au cours des six dernières années, les rachats d’actions ont atteint aux Etats-Unis un montant net cumulé de 2.200 milliards de dollars (1.864 milliards d’euros), soit environ 17,5% de la capitalisation boursière totale du marché américain, relèvent dans une récente étude les analystes de la Société Générale. Si ces rachats d’actions donnent aux investisseurs l’occasion de revoir la composition de leur portefeuille, «ils n’entraînent manifestement pas de surperformance boursière pour les entreprises qui les réalisent», soulignent ces analystes.
Les différentes mesures faites par l’équipe de recherche quantitative de la banque française montrent que la rémunération globale des actionnaires demeure corrélée au rendement du cash-flow libre au sein de l’indice S&P 1500. Un effet positif à court terme est cependant visible lors de l’annonce d’un programme de rachats d’actions, mais il reflète surtout la faible performance antérieure du cours de Bourse des groupes concernés. Outre-Atlantique, les rachats de titres ont diminué en rythme annuel de 20% sur les douze derniers mois pour s’élever à un peu plus de 400 milliards de dollars en montant net. Ils offrent désormais en moyenne un rendement net d’environ 2%, proche du niveau de 2004.
Près de 70% des secteurs d’activité qui composent l’indice élargi S&P 1.500 ont enregistré un repli des rachats d’actions relativement à leur capitalisation boursière respective depuis un an. Plusieurs d’entre eux comme les télécoms, les services collectifs, les hydrocarbures et les matériaux de base affichent même sur ce critère un rendement net proche ou inférieur à zéro. Alors que les rachats d’actions sont généralement associés aux entreprises technologiques qui disposent d’une trésorerie pléthorique, ils proviennent désormais surtout de sociétés dont la valorisation et la rentabilité sont peu élevées. Le secteur des services aux consommateurs représente ainsi 23% du total des montants nets rachetés depuis un an, près de la moitié de cette proportion étant due à la distribution. Arrivent ensuite la finance, le secteur technologique, la santé et les valeurs industrielles. Si les rachats bruts d’actions ont chuté de respectivement 24% et 14% en rythme annuel dans les équipements technologiques et les logiciels, ils ont progressé de près de 10% dans les services financiers et dans la fabrication de produits alimentaires.
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