«Les processus de ‘due diligence’ ont évolué avec la crise»
L’Agefi : Quel bilan faites-vous des fusions-acquisitions du début d’année ?
Martin Naquet-Radiguet : On ressent un réel frémissement dans l’activité du LBO. En 2009, nous travaillions à 80% pour les corporates et à 20% pour les fonds. Depuis janvier, la part des fonds est remontée à 35%. Elle reste néanmoins inférieure à la part de 50% qui prévalait en 2007-2008.
Quelles motivations sous-tendent aujourd’hui les M&A ?
Pour les grands corporates, l’objectif est de trouver des relais de plus forte croissance. La dichotomie entre l’Europe et les pays émergents en termes de croissance est très présente chez les décideurs. D’où l’attrait pour les zones à forte croissance et pas seulement pour les Bric. Dans ce contexte, tous les secteurs recommencent à s’animer dans les M&A. Tous n’en sont certes pas au même stade de sortie de crise, mais chacun s’interroge sur l’après-crise. La prudence reste néanmoins de mise avec des opérations stratégiques mais de taille plus réduite que les méga-deals transformants.
Et du côté des fonds ?
La prudence se caractérise au travers des secteurs visés. Les investisseurs financiers regardent les secteurs non cycliques, aux revenus résilients et peu exposés aux aléas de la consommation ou de la production industrielle. Leur intérêt pour le domaine de la santé en est un exemple.
Les processus de «due diligence» ont-ils été modifiés avec la crise ?
Oui, les processus de due diligence ont évolué, et de plusieurs manières. La première évolution concerne la durée. Auparavant, les processus étaient souvent brefs et très normés. Au bout du délai imparti, il fallait prendre une décision. Désormais, les décideurs sont plus stricts sur la nécessité d’avoir l’ensemble des réponses à l’ensemble des problématiques et n’hésitent pas à prendre plus de temps si cela s’avère nécessaire pour obtenir ces réponses.
Parallèlement, les acquéreurs sont plus regardants sur les différents scénarios. On ne s’intéresse plus seulement à l’hypothèse optimiste. On cherche aussi à bien évaluer le comportement de la société en cas de crise. Enfin, les outils de reporting sont scrutés avec beaucoup d’attention, en particulier ceux qui se rapportent aux prévisions de trésorerie. Après une période de crise où les BFR ont été considérablement réduits, il est primordial de savoir comment évolueront ces BFR en cas de reprise marquée de la croissance.
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