Les prêteurs relèvent leurs marges sur le financement d’Afflelou
En vue d’attirer les investisseurs, les conditions de placement de la dette liée au LBO de Lion Capital sur Alain Afflelou ont été modifiées. Les banquiers prêteurs ont fait jouer la clause dite de «market flex», permettant de faire évoluer les termes ou la structure d’un prêt en fonction du marché lors de la syndication. La marge sur la dette senior tranche B, d’un montant global de 240 millions d’euros, a été portée de 550 à 575 points de base (pb) au-dessus de l’Euribor, a indiqué à L’Agefi une source proche du dossier.
Cette révision était largement anticipée, selon certains observateurs. «Il était clair que la syndication présentait des difficultés, les investisseurs se méfiant des crédits liés au secteur de la vente de détail dans la zone euro, et présentant un levier important», commente S&P LCD. Le ratio de dette sur Ebitda du LBO, qui valorise Alain Afflelou autour de 800 millions d’euros, s’élève à 5,5, alors que le multiple en mai sur trois mois glissants en Europe s’établissait 4,8.
Les termes des autres tranches du financement, arrangé par les banques Citigroup et UniCredit, n’ont en revanche pas été modifiés. Le financement senior, de 350 millions d’euros, intègre une dette tranche A, de maturité de sept ans, pour 70 millions d’euros. La marge d’intérêt s’élève à 500 pb. Cette marge se révèle identique à celle de la ligne d’acquisition, de maturité six ans et d’un montant de 15 millions d’euros, et à celle de la ligne de credit revolving de 25 millions d’euros (maturité six ans). Une dette mezzanine, apportée par Alcentra pour 110 millions d’euros, complète le financement.
La révision des termes d’un autre LBO, celui réalisé par Silver Lake Partners et Partners Group sur Global Blue, a en revanche surpris le marché. Les marges sur la dette senior tranche B, de 227,5 millions d’euros, a été relevée de 25 pb à 575 pb au-dessus de l’Euribor. «Contrairement à la syndication d’Afflelou, lancée fin mai, celle de Global Blue l’a été après le 13 juin», relève S&P LCD. Le financement du LBO, valorisant la société spécialisée dans la détaxe touristique autour d’un milliard d’euros, repose en outre sur une large part en fonds propres, de l’ordre de 60%.
Pour autant, les difficultés rencontrées par Alain Afflelou et Global Blue sont spécifiques et ne semblent pas témoigner «d’un malaise plus large au sein du marché», souligne S&P LCD.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions anticipent toujours une résistance des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Mur démographiqueLes Ehpad ulcérés par le budget 2027
Malgré une hausse apparente des dépenses prévues, les textes budgétaires réservent de mauvaises surprises aux acteurs du grand âge -
Crise de nerfsLa dette française dans le chaudron des marchés, jusqu'où ?
Des investisseurs abandonnent la dette française au profit des emprunts allemands. La BCE est dans la ligne de mire -
Attaque-défenseContrôle des investissements étrangers : Berlin prépare un plan anti-Chine
Le ministère allemand de l'Economie veut renforcer le droit de regard du gouvernement fédéral pour prévenir des investissements chinois dans des secteurs stratégiques