Les pressions déflationnistes militent en faveur d’une poursuite des M&A

Les transactions en Europe devraient être significatives dans les télécoms et les matériaux de construction, selon la Société Générale
Yves-Marc Le Réour
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L’augmentation du bilan de la BCE est logiquement ralentie depuis le début de l’année : les achats de titres effectués par la banque centrale ont été divisés par deux, dans la perspective d’une fin en septembre de la politique de Quantiative Easing.  - 

Plusieurs éléments devraient contribuer à maintenir le dynamisme des fusions et acquisitions (M&A) en Europe au cours des prochains mois, jugent les analystes de la Société Générale dans leur dernière étude «Cross Asset Research». Si la modeste reprise de l’économie dans la région et la solidité des bilans des entreprises peuvent inciter ces dernières à s’engager dans des opérations de croissance externe, le principal facteur de soutien proviendra selon eux des pressions déflationnistes qui minent la compétitivité de nombreux secteurs.

La perte de «pricing power» dans un environnement à faible croissance pousse en effet les sociétés à se consolider afin d’atteindre le taux de progression des bénéfices attendu par les investisseurs. Mais pour ne pas s’attirer les foudres des autorités de la concurrence, les entreprises «choisissent souvent de présenter des synergies très élevées, voire surestimées, pour justifier ces transactions», soulignent ces analystes. Par rapport à la précédente étude datant de septembre 2013, ceux-ci estiment que l’activité devrait désormais être plus modérée dans la finance et les hydrocarbures.

La sphère des télécoms continue en revanche de présenter des opportunités significatives de rapprochement, comme en témoigne la cession de SFR en France, parfait exemple d’une transaction motivée par les faibles perspectives de croissance du marché sur lequel les prix baissent. Le bureau d’analyse confère une probabilité élevée (75%) à l’acquisition potentielle de l’espagnol Jazztel par Orange, après la reprise d’Ono par Vodafone. Les équipementiers télécoms seront également actifs, en privilégiant toutefois des transactions ciblées pouvant aboutir à un rachat de l’américain Ciena par Ericsson.

Les matériaux de construction seront dorénavant sous les feux de la rampe à la suite du projet de rapprochement entre Lafarge et Holcim. Compte tenu de l’impact de cette transaction sur de multiples marchés, la nouvelle entité «sera conduite à céder de nombreux actifs pour se conformer aux contraintes des autorités de la concurrence et ramener son levier financier à un niveau qui lui laisse suffisamment de flexibilité pour se développer».

L’irlandais CRH, qui procède actuellement à une revue stratégique de ses activités, paraît financièrement le mieux placé pour procéder à des acquisitions sur les marchés émergents, aux Etats-Unis, mais aussi au Royaume-Uni.

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