Les pays émergents retrouvent la croissance, mais le risque politique persiste
Les pays émergents vont profiter de l’accélération de la croissance mondiale, soutenue notamment par la reprise européenne, mais le risque politique y demeure important, souligne Coface, qui publie la dernière édition de son analyse du risque pays.
Face aux tensions qui pèsent déjà sur l’appareil productif, liées notamment en France à des difficultés de recrutement, «les pays avancés vont devoir importer depuis les émergents» affirme Julien Marcilly, chef économiste de Coface. D’où un regain de demande pour ces derniers. In fine le maintien de la croissance mondiale à haut niveau viendrait plus des émergents, affichant en 2018 une hausse du PIB de 4,5%, que des pays avancés, dont l’expansion ralentirait, passant de 2,2% en 2017 à 2% en 2018.
Les mesures protectionnistes voulues par Donald Trump n’entameraient pas vraiment la croissance du commerce mondial, qui atteindrait encore 3,7% cette année. Si les Etats-Unis renforcent leurs mesures de protection, c’est plutôt le désarmement commercial qui prévaut ailleurs. «Les grands gagnants du rebond du commerce mondial seront les émergents exportateurs de produits manufacturés»estime Julien Marcilly. La Corée du Sud, par exemple. En revanche, des économies qui se sont désindustrialisées, comme la Russie, ou qui sont restées trop dépendantes des matières premières (Arabie saoudite) profiteront moins des échanges mondiaux.
L’Arabie saoudite est l’un des pays jugés à risque politique élevé, notamment en raison de la hausse du niveau d’éducation, préalable à des révoltes de type «printemps arabe». D’autres pays pourraient connaître des troubles sociaux, notamment à l’approche de scrutins électoraux : c’est le cas du Brésil (élections en octobre), de la Russie (scrutin en mars), de l’Ukraine… L’Iran reste en tête des grands pays à risque en la matière, suivi, selon l’indice Coface, de l’Arabie saoudite, de la Russie, du Brésil et du Mexique. L’Arabie saoudite est le seul pays dont la note économique globale a été abaissée par Coface depuis septembre, tombant en catégorie C (risque élevé de défaut pour les entreprises).
Par ailleurs, un certain nombre d’émergents présentent des risques liés à leur endettement extérieur (Malaisie, Turquie, Afrique du Sud…), contrairement à la Chine : même si une crise liée aux petites banques trop endettées y éclatait, le pays a suffisamment de réserves financières pour y faire face.
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