Les opérations européennes de «build-up» ont calé au premier semestre
Les sociétés européennes adossées à des fonds de capital-investissement ont nettement ralenti la cadence de leurs acquisitions. Selon le baromètre Silverfleet Capital, établi en partenariat avec Mergermarket, seulement 143 opérations de croissance externe ont été recensées au premier semestre 2015, passant ainsi sous la barre des 150 pour la première fois depuis début 2012. Le baromètre avait comptabilisé 202 acquisitions au second semestre 2014.
Pour expliquer ce faible niveau d’activité, Silverfleet constate trois phénomènes au sein de son propre portefeuille, composé d’entreprises valorisées entre 75 et 300 millions d’euros. «La concurrence entre acheteurs industriels est rude, les attentes de prix des vendeurs ont continué d’augmenter dans beaucoup de secteurs, et les travaux de due diligence sont toujours susceptibles d’identifier des risques parfois inacceptables», avance Neil MacDougall, managing partner du fonds.
Le baromètre, qui recense les opérations dépassant 5 millions d’euros initiées par des sociétés détenues au moins à 30% par le private equity, et dont la cible réalise un chiffre d’affaires d’au moins 10 millions, note aussi un fléchissement des prix. Sur la base des 30 opérations dont la valeur a été rendue publique, le prix moyen atteignait 36 millions de livres (51 millions d’euros) au premier semestre. Six et douze mois plus tôt, il s’établissait respectivement à 42 et 83 millions de livres.
Si la répartition géographique des cibles a continué de faire la part belle aux pays nordiques (27 opérations), cette zone n’a pas été épargnée par le ralentissement, «probablement en raison des difficultés économiques en Finlande et en Norvège», note Silverfleet. Avec 28 acquisitions, le Royaume-Uni et Irlande ont aussi été touchés, tandis que la zone alémanique (Allemagne, Autriche, Suisse) a bien résisté avec 16 opérations sur le semestre.
Bien que 18 acquisitions aient été enregistrées en France, comme au second semestre 2014, le marché hexagonal a pour sa part ralenti dès la fin de l’année dernière, avec une baisse de 30% des opérations. Cette année, le secteur des services aux entreprises a totalisé à lui seul 8 transactions, suivi par l’industrie et la chimie (4 opérations). A noter le rachat de l’hôpital privé d'Évry par Almaviva, qui poursuit la consolidation du secteur des cliniques sous le contrôle de Gimv et U.I. Gestion.
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