Les opérations de LBO de grande taille peinent toujours à se réaliser
L’environnement demeure particulièrement difficile pour les LBO d’envergure. Si certaines opérations de taille ont récemment vu le jour, à l’image de la cession de la participation de KKR dans Alliance Boots, elles masquent une grande inertie au sein du secteur. Blackstone et BC Partners auraient ainsi jeté l’éponge sur le rachat d’Iglo à Permira, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg et Reuters.
Alors que les deux fonds avaient réalisé une offre conjointe valorisant la société de produits surgelés autour de 2,5 milliards d’euros, Permira en attendait au minimum 2,8 milliards d’euros. Permira avait acquis la société en 2006 auprès de l’industriel Unilever pour un montant de 1,7 milliard d’euros.
«L’âge d’or des grands LBO est révolu. Avec la croissance attendue dans les prochaines années, ces sociétés déjà très matures qui ne trouvent pas d’acheteur stratégique sur leurs marchés trop atomisés (distribution, business services...) ne peuvent plus faire l’objet d’opérations à répétition garantissant un multiple de 2 fois la mise», estime un banquier d’affaires.
Face au retrait de Blackstone et de BC Partners, Credit Suisse, conseil de Permira sur l’opération, travaillerait dès lors à plusieurs options, parmi lesquelles un refinancement de la dette, selon les sources citées. Ce refinancement permettrait à Permira de sortir des liquidités et de réaliser le paiement de dividendes. Un retour de capital aux investisseurs se révélerait pertinent pour le fonds, qui cherche actuellement à lever un nouveau véhicule d’un montant de 6,5 milliards d’euros.
Ce type de refinancement est toutefois devenu très controversé dans le sillage de la crise, le haut niveau de dette de certaines sociétés sous LBO les ayant empêchées de croître et ayant laissé les prêteurs face à un risque de perte. A fin 2011, l’endettement net d’Iglo s’élevait à 1,4 milliard d’euros, soit quatre fois les prévisions d’Ebitda du groupe en 2012, de 350 millions d’euros, selon les sources.
Sur le premier semestre 2012, les opérations de capital investissement ont chuté de 19% sur un an à 103 milliards de dollars au niveau mondial, selon des données Thomson Reuters. Cette tendance se révèle plus marquée en Europe, où le montant des transactions a reculé de 36% à 29,5 milliards d’euros.
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