Les obligations de projet prennent leur essor en Europe
L’Europe embrasse la cause des obligations de projet. Dernière opération en date, le fonds d’infrastructure Meridiam a annoncé le refinancement sur les marchés du projet d’autoroute R1 en Slovaquie, premier partenariat public privé autoroutier signé dans le pays en 2009. L’obligation, de 1,24 milliard d’euros, se substituera aux concours des banques. D’une maturité de 26 ans, notée BBB+, elle a rencontré une demande de 1,4 milliard et a été émise à 4,78% (soit 235 pb de marge).
Avant cette opération, les volumes de project bonds en Europe en 2013 atteignaient déjà un record, avec 15 transactions et l’équivalent de 8,7 milliards de dollars émis selon Dealogic. Des montants certes modestes en valeur absolue. Mais en passant le cap des 10 milliards de dollars cette année grâce à R1, ils représentent déjà plus que le total levé sur 2010-2012. Si le Royaume-Uni confirme son premier rang en Europe avec 5 transactions cette année et 9,3 milliards de dollars levés depuis 2000, l’Espagne s’est distinguée avec trois opérations en 2013, et l’Allemagne a connu sa première obligation de projet en six ans. Du côté des banques, les françaises s’illustrent, SG CIB, CA CIB et BNP Paribas constituant le trio de tête des teneurs de livres.
Imposé par les nouvelles contraintes de liquidité des banques, qui ne peuvent plus porter autant de financements longs à leur bilan, le développement des project bonds est aussi soutenu par les autorités. Pour la deuxième fois, la Banque européenne d’investissement vient de mettre en œuvre son initiative «obligation de projet», lancée en 2012. Après le financement obligataire du projet Castor de stockage de gaz en Espagne cet été, celui du parc éolien offshore Greater Gabbard au Royaume-Uni a bénéficié fin novembre d’un rehaussement de crédit.
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