Les nouvelles restrictions brouillent la vue des marchés
Les mesures contre le coronavirus vont décaler le rebond de l’économie européenne. Les valeurs défensives en profitent.
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Xavier Diaz
Bars et restaurants fermés à cause de la pandémie de Covid.
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Crédit European Union
Le durcissement des restrictions dans un grand nombre de payseuropéens (France, Allemagne, Italie…) pour lutter contre la troisième vague du coronavirus a mis un coup d’arrêt au pari de la reflation. La résurgence de la pandémie, en raison des variants, faisait partie des scénarios de risque de la plupart des stratégistes de marché. Les nouvelles mesures risquent de décaler la reprise en Europe et donc le retour à la trajectoire d’avant la crise. Cela instille aussi un doute sur la capacité du Vieux Continent à rouvrir son économie dans les prochains mois alors que la vaccination a pris du retard.
«Nous sommes passés d’une phase où les mouvements des marchés financiers étaient dirigés par la hausse des taux longs américains, à une phase où les nouveaux cas de coronavirus et le sentiment économique sont devenus les principaux moteurs», note Naka Matsuzawa, stratégiste chez Nomura. Ces inquiétudes ont provoqué une baissedes rendements souverains (-11 points de base pour le Bund à -0,36%), une chute des prix du pétrole (-10%) et une nouvelle rotation sectorielle dans les actions. L’énergie et les financières sont particulièrement affectées. «Les valeurs de voyages et de loisirs ont accusé parmi les plus importantes pertes alors que les projets de voyages sont de plus en plus menacés», souligne Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank.
Position d’attente
Ce réajustement semble toutefois plus motivé par la nécessité de capturer les gains récents. «L’effet sur les marchés des inquiétudes sur le coronavirus a diminué à mesure que les vagues de contagion se sont succédé», affirme Naka Matsuzawa. La rotation des secteurs value et cyclique, vers les secteurs défensifs et non de croissance, montre qu’il s’agit d’une position d’attente et non pas d’une crainte sur la reprise.
Les économistes, rassurés par les bons indices PMI pour mars en zone euro, anticipent toujours une contraction du PIB au premier trimestre et désormais une croissance plus faible au deuxième. Ils estiment à 0,5 point de croissance le coût de quatre semaines de restrictions supplémentaires. Mais c’est une question de temps. «Le rebond sera davantage décalé, souligne Bert Colijn, économiste chez ING. Nous anticipons toujours le début de la reprise au deuxième trimestre mais pensons qu’elle décollera dans la deuxième partie de l’année». Un fort rebond qui compensera le poids des restrictions qui pèsent de moins en moins sur des économies qui se sont adaptées.
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