Les milliards manquent à l’appel pour atteindre les ODD
A l’occasion du sommet des Nations unies pour les ODD (Objectifs de développement durable) qui s’est tenu à New York les 18 et 19 septembre, la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement) a publié un chiffrage des financements annuels nécessaires à la réalisation des ODD entre 2023 et 2030.
Six axes d’analyse ont été retenus : la protection sociale et les emplois décents, la transformation de l'éducation, les systèmes alimentaires, le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution, la transition énergétique et la numérisation inclusive.
Les travaux ont porté sur 48 pays en développement, dont seulement neuf du continent africain. Le chiffrage, partiel donc, conduit à un manque de financements d’environ 2.500 milliards de dollars par an, tous axes confondus. «Près de 80% des dépenses totales devraient être engagées dans les pays en développement à revenu moyen supérieur et à revenu élevé visés par l’étude. Ces pays sont généralement confrontés aux coûts annuels par personne les plus élevés et aux déficits de financement les plus importants», relèvent les auteurs.
Lors de son discours de clôture, le secrétaire général des Nations unies António Guterres a renouvelé son appel aux nations développées. «Nous devons atteindre au moins 500 milliards de dollars par an pour le développement durable, notamment par le biais des banques multilatérales de développement et d’autres mécanismes», a-t-il déclaré.
A lire aussi : Améliorer le système fiscal dans les pays en développement
Le FMI (Fonds monétaire international) s’est également penché sur cette problématique en s’intéressant plus spécifiquement aux pays à faible revenu en développement (PFRD). Les dépenses supplémentaires nécessaires sont évaluées à environ 16% du PIB, contre 14% voici deux ans, lors de la publication de la précédente édition.
Les auteurs de l’étude argumentent de nouveau en faveur d’une amélioration du système fiscal des pays en développement (taxes sur la consommation, taxes foncières, impôts sur le revenu, sur les bénéfices, sur la fortune …) pour générer des recettes budgétaires supplémentaires, la capacité d’endettement de ces pays étant faible, voire nulle, pour faire face à un tel enjeu de financement. 6 points de PIB supplémentaires pourraient ainsi être collectés ; une amélioration de l’efficacité de l’administration fiscale générerait des recettes estimées à 2,3 points de PIB.
Le FMI estime que la mise en place du pilier 2 du cadre inclusif de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pourrait représenter une opportunité, pour ces pays, de réformer la fiscalité des entreprises. «Parce qu’il réduit l’incitation à la concurrence fiscale, le pilier 2 devrait conduire à repenser fondamentalement la conception de l’impôt sur les sociétés dans les PFRD, avec moins de pression pour réduire le taux standard et des politiques plus innovantes pour réduire les distorsions liées à la base fiscale», expliquent les auteurs.
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