Les matières premières apportent un rayon de soleil aux banques d’investissement

Un rude hiver nord-américain a alimenté la volatilité sur ce segment pourtant délaissé sous la contrainte réglementaire par nombre d’établissements
Benoît Menou
photo : bloomberg
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Alors que la pression réglementaire ne cesse de se renforcer sur l’activité de négoce de matières premières des banques d’investissement, cette activité leur a apporté un rare rayon de soleil au premier trimestre.

Comme le souligne la société d’études Coalition, les revenus totaux des dix principales banques d’investissement (dont BNP Paribas) ont chuté de 9% sur la période, à 42,8 milliards de dollars. Cette baisse est portée à 16% sur le trimestre écoulé pour la seule division «taux, devises et matières premières» (FICC, fixed income, currencies, commodities), à 22,0 milliards (-16%). Au sein de cette dernière, seul le segment des matières premières a enregistré une progression, avec un gain de 26% à 1,8 milliard (soit 8% du pôle FICC contre 5% début 2013), un plus haut trimestriel depuis le premier trimestre 2012.

Les revenus avaient abandonné 18% sur l’exercice 2013 pour s’élever à 4,5 milliards, JPMorgan menant le bal, suivie de Goldman Sachs et de Morgan Stanley. Soit moins du tiers des 14,1 milliards engrangés en 2008 au plus fort de la bulle des matières premières.

Le rude climat hivernal en Amérique du Nord aura cette fois soutenu la volatilité des prix et l’activité, impactant favorablement les revenus des banques liés à l’énergie, les contrats à terme sur le gaz naturel négociés à New York touchant en février un plus haut de cinq ans. Bien que les banques fournissent peu de détails sur les performances internes de leur division FICC, Goldman Sachs s’est félicitée le mois dernier d’une activité «significativement plus élevée» sur les commodities au premier trimestre, Morgan Stanley a fait part d’une «forte» performance.

Ce sursaut survient pourtant dans le cadre d’un désintérêt des banques pour le trading de matières premières, sous l’assaut de régulateurs qui souhaitent voir diminuer leur implication dans la détention effective de stocks physiques. Morgan Stanley finalise ainsi la cession de son pétrole à Rosneft, tandis que JPMorgan a convenu en mars de vendre son activité de stockage au courtier Mercuria pour 3,5 milliards de dollars.

De fait, Coalition souligne que le nombre de salariés dédiés aux matières premières au sein des dix banques constituant son panel représentatif a reculé de 9% sur un an à 2.098.

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