Les marchés américains descendent de leur piédestal
L’aversion au risque des investisseurs a particulièrement touché les marchés actions américains ces dernières semaines, le S&P 500 affichant notamment une chute de 17% depuis son dernier pic, en tenant compte du rebond de 5% d’hier. De fait, la prime des marchés américains par rapport au reste du monde, qui s’était accrue au fil de l’année, a largement reflué. Le rapport entre l’indice MSCI USA et le MSCI World hors Etats-Unis est ainsi passé de 1,45 début décembre à 1,32 lundi. Le mouvement est similaire sur le ratio cours sur bénéfices attendus, tombé de 18 en début d’année à moins de 13,5 pour le S&P 500, son niveau le plus faible depuis 2013 d’après des données compilées par Bloomberg, et moins de deux points supérieur au ratio de l’indice Stoxx Europe 600, contre une différence de quatre points en début d’année.
«Par rapport aux valorisations élevées vues aux Etats-Unis en 2017, les niveaux actuels semblent certainement plus attractifs», estime Jingyi Pan, stratégiste marché chez IG Asia. «Cela dit, tout comme les marchés passaient outre les valorisations élevées et se concentraient sur le potentiel de croissance jusqu’au pic de cette année, les valorisations plus basses actuelles ne représentent pas à elles seules de raisons d’acheter», met-il toutefois en garde. Si les indicateurs économiques restent généralement solides outre-Atlantique, certaines jauges d’activité des antennes régionales de la Fed sont toutefois récemment ressorties inférieures aux attentes. Par ailleurs, alors que le manque de liquidité pendant la période des fêtes peut accentuer les mouvements à la hausse comme à la baisse, les critiques du président américain vis-à-vis de son secrétaire au Trésor ou du gouverneur de la Fed peuvent peser sur le sentiment des investisseurs.
Le cycle de resserrement monétaire de la Fed joue également, en renchérissant les coûts de financement d’entreprises qui ont profité de la faiblesse des taux ces dernières années pour s’endetter. Les spreads se sont largement élargis à la fois sur la dette notée en catégorie d’investissement que pour la dette spéculative. Pour les dettes américaines les mieux notées, le spread mesuré par l’indice Bloomberg Barclays est passé de moins de 90 points de base (pb) début 2018 à 150 pb lundi, au plus haut depuis juillet 2016. L’ampleur de la hausse est encore plus importante pour les dettes spéculatives, avec un indice ICE Bank of America Merrill Lynch passé de 316 pb début octobre à 511 pb fin décembre, là aussi un plus haut depuis 2016.
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