Les M&A portent l’investissement direct étranger dans certains pays
Les «déclinologues» français ont eu une nouvelle statistique inquiétante à se mettre sous la dent cette semaine. Les investissements directs étrangers (IDE) en France auraient chuté de 77% en 2013 à seulement 5,7 milliards de dollars, selon l’estimation provisoire de la Cnuced publiée le 28 janvier. Soit à rebours de la tendance observée au niveau mondial, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement évoquant un rebond de 11% à 1.461 milliards de dollars.
En signalant que les économies européennes ayant attiré le plus de flux sont celles qui «offrent un cadre fiscal favorable à l’investissement, notamment pour les special purpose vehicles», comme l’Irlande et le Luxembourg, la Cnuced pointe en creux les raisons de la perte d’attractivité de la France.
Les chiffres restent toutefois sujets à caution. Le rapport définitif sera publié en juin, avec de fortes révisions à la clé. En janvier 2013, la Cnuced avait annoncé un plongeon de 97% des IDE vers l’Allemagne, le bon élève de l’Europe, à 1,3 milliard de dollars, tandis que la France se voyait gratifier de 59 milliards de dollars d’IDE. En juin, ce montant avait été révisé à… 25 milliards, tandis que les flux outre-Rhin étaient multipliés par cinq.
La part des économies développées comme destination des IDE ne cesse tout de même de se réduire, à 39%, même si les flux vers l’Union européenne ont augmenté en valeur l’an dernier. Les Etats-Unis restent au premier rang, suivis par la Chine hors Hong Kong.
Pour établir ses statistiques, la Cnuced comptabilise notamment les volumes de fusions et acquisitions. Celles-ci portent les IDE vers certains pays. Selon son pointage, les M&A transfrontières ont augmenté de 5% en 2013 à 337 milliards d’euros. Dans les économies en développement, les entreprises cédées ont représenté 88 milliards de dollars d’investissements réalisés au deux tiers par des acquéreurs provenant eux aussi de pays émergents.
Au Japon, la hausse des investissements directs étrangers est due pour l’essentiel à quelques grandes opérations de M&A, souligne la Cnuced. L’entrée de BP à hauteur de 18,5% du capital de Rosneft dans le cadre de la rupture des liens dans TNK-BP explique aussi que la Russie se hisse au troisième rang des bénéficiaires d’IDE. Quant au rachat du mexicain Grupo Modelo par AB InBev pour 18 milliards de dollars, il représente l’essentiel de la hausse des flux vers l’Amérique centrale.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester