Le taux de distribution mondial des bénéfices a passé la barre des 50%, indique une étude de Citi, au-dessus de la moyenne de 46% à long terme.
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Olivier Pinaud
Les grands groupes mondiaux versent de plus en plus de dividendes.
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En début d’année, Larry Fink, le président de BlackRock, s’était une nouvelle fois publiquement ému des montants de dividendes versés par les grands groupes, au détriment de l’investissement notamment. Son appel est visiblement resté lettre morte. Les grands groupes mondiaux versent de plus en plus de dividendes, rappelle une récente étude de Citigroup. Selon celle-ci, les entreprises du MSCI World ont redistribué 51% de leurs bénéfices 2015. Ce taux dit de pay-out était de 43% il y a deux ans, rappellent les analystes, et la moyenne de long terme s’établit à 46%.
Dans certains pays, le pay-out monte bien au-delà de ces moyennes. Avec 90%, le Royaume-Uni détient le record mondial, du fait notamment de la forte présence à la Bourse de Londres de groupes miniers. Suivent l’Australie (81%), l’Amérique Latine (65%) et l’Europe continentale (65%). Les Etats-Unis se situent juste en dessous des 50%. Au total, les dividendes versés par le MSCI World ont offert un rendement de 2,7% alors que celui de l’indice des obligations d’Etat établi par Citi n’est que de 0,8%.
Pressions «d’actionnaires affamés de rendement»
Cette abondance de dividendes peut paraître paradoxale au regard des résultats orientés en tendance à la baisse depuis quelques trimestres. Alors que depuis février 2015 le dividende par action cumulé du MSCI World augmentait de 5%, le bénéfice par action des entreprises composant l’indice a baissé de 11%. Si la hausse des dividendes versés peut exprimer un signe de confiance dans la progression attendue des bénéfices, elle répond aussi clairement à «l’augmentation de la pression des actionnaires affamés de rendement» dans un contexte de taux bas, reconnaît l’étude. Certains pays, comme le Japon, ont même encouragé les entreprises à verser plus de dividendes afin de contrer les effets néfastes pour l’industrie financière des taux négatifs.
«Cette tendance est-elle durable ?», s’interroge Citi. Le découplage entre évolution des résultats et des dividendes s’est déjà produit quatre fois par le passé (1981, 1985, 1990 et 1998). Trois fois sur quatre, les dividendes ont continué à progresser les années suivantes, à des taux toutefois moindre qu’auparavant, et ce malgré la poursuite de la contraction des résultats. Seules les deux années suivant 1990 ont connu une contraction des dividendes versés, rappelle Citi.
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