Le consensus de résultats continue de se dégrader
Pas de quoi pavoiser. Alors que les deux tiers des principales sociétés américaines et européennes ont déjà publié leurs résultats du premier trimestre, les entreprises font plutôt mieux que prévu, surtout outre-Atlantique, mais affichent néanmoins une baisse de leur chiffre d’affaires et de leur bénéfice.
Aux Etats-Unis, 76% du S&P 500 ont battu le consensus de résultat, d’environ 4%. Toutefois, les bénéfices par action (BPA) ressortent en moyenne en baisse de 8% (-2% hors énergie), selon JPMorgan Cazenove. Les prévisions de chiffre d’affaires ont été dépassées dans 56% des cas. Là encore, les ventes reculent de -3% (+1% hors énergie), mais affichent une meilleure performance que dans les autres régions. «Cela s’explique largement par un effet devises, explique JPMorgan Cazenove. Une nouvelle consolidation du dollar serait une menace pour les résultats en Europe et au Japon».
En Europe, les bonnes surprises sont moins nombreuses, avec 59% du Stoxx 600 qui a dépassé les anticipations de BPA, en moyenne de 4%. Mais ces BPA sont en recul de 20% par rapport au premier trimestre 2015 (-13% hors énergie). La zone euro s’en sort mieux, avec une baisse de 10% (-6% hors énergie). Dans cette zone, moins d’une société sur deux (42%) a battu les prévisions de ventes. Soit des chiffres d’affaires en recul de 6% en un an (-3% hors énergie).
En analysant 179 sociétés du MSCI Europe, Morgan Stanley fait un constat plus marqué. Si 39% des sociétés ont battu d’au moins 5% les prévisions de BPA, ce chiffre est à relativiser, le consensus ayant enregistré la plus forte dégradation depuis cinq ans. Sur les deux derniers mois, le consensus a été abaissé de 9,4%, au lieu de 3,4% en moyenne. De plus, ces BPA sont en chute de 29% (dont -67% dans l’énergie, et -49% dans l’industrie), et aucun secteur n’affiche une progression.
Du côté des revenus, les déceptions sont plus nombreuses que les bonnes surprises. Les chiffres d’affaires reculent de 5,1% sur le trimestre (hors financières), pâtissant de l’effet devises, dont -25,6% dans l’énergie. Le secteur IT s’en sort le mieux avec une hausse de 10,6%.
Si les révisions à la baisse persistent, elles sont moins fortes qu’il y a trois mois, souligne Morgan Stanley. Le bureau de recherche estime néanmoins que les prévisions de résultats pour l’année 2016 ne sont pas atteignables, et anticipe une contraction de 5%, due à la faiblesse de la croissance mondiale et au faible potentiel de hausse des marges.
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