Les investisseurs reviennent en force sur les actifs émergents
Avec leur discours nettement plus accommodant, la Fed et la BCE ont donné un coup de pouce indirect aux actifs émergents. Les devises émergentes se sont ainsi appréciées de 3,5% en moyenne depuis le début de l’année, ce qui porte leur rebond à 6,2% depuis leur point bas atteint en septembre dernier face au dollar. Les meilleures performances ont été enregistrées par le rand sud-africain (7%), les pesos chilien (5,5%) et colombien (4,5%), le rouble (4,5%) et le real brésilien (3%), contrairement à la roupie indienne, qui a reculé de 2% face à la montée des risques avant les élections d’avril et mai. Le leu roumain a également été sous pression depuis la mise en place par le gouvernement d’une taxe sur les banques, qui l’a fait sortir de sa bande de fluctuation autorisée.
Cette embellie s’est manifestée aussi sur le niveau des rendements d’Etat émergents, avec une compression de 70 pb depuis le début d’année du spread moyen de l’indice JPMorgan EMBI, tombé à 370 pb, son plus bas depuis mi-octobre 2018. Sur le marché actions, l’indice MSCI Emergents, lui, s’est repris de 10%. Les chiffres de l’Institute of International Finance (IIF) montrent que les actifs émergents ont bénéficié d’achats nets étrangers de 51,1 milliards de dollars en janvier, le montant mensuel le plus fort depuis janvier 2018 et partagé par l’ensemble des régions. Les flux nets de capitaux (bancaires et investissements directs étrangers) ont en outre été positifs pour le deuxième mois de suite, hors Chine, où les sorties ont reculé à 37 milliards de dollars le mois dernier.
Dans ce contexte, les réunions cette semaine de nombreuses banques centrales émergentes (Brésil, Inde, Mexique, Russie, Philippines, Thaïlande, Pologne, Roumanie, République tchèque) seront très suivies par les investisseurs. D’autant que le consensus anticipe un statu quo sur leurs taux pour l’ensemble d’entre elles, du fait du recul des pressions inflationnistes lié au rebond des taux de change. En outre, les rumeurs font état d’une première baisse du taux de prêts à un an par la PBoC depuis 2015, d’ici à la fin de semaine. En excluant Turquie et Argentine, l’inflation moyenne a légèrement reculé depuis un an dans 20 pays émergents, sauf Russie, à des niveaux inférieurs à leur objectif, ce qui laisse entrevoir des baisses de taux sauf en cas de nouvelle crise de change.
Plus d'articles du même thème
-
Gift City fait une tournée auprès des financiers européens
BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Société Générale et Natixis. Quatre banques françaises sont déjà implantées dans cette place financière indienne, destinée à accueillir aussi assureurs et réassureurs, fonds et fintechs grâce à un cadre réglementaire et fiscal attractif. -
Le 18e sommet des Brics marque l'approfondissement des travaux communs
Si aucune grande annonce n'a rythmé le sommet de New Delhi, les membres des Brics mettent en scène une volonté de coopération plus étroite sur des sujets multiples, dessinant la construction à long terme d’un groupement de pays liés entre eux par un mode de fonctionnement alternatif. -
Les actions émergentes ont rattrapé leur faux pas estival
Les marchés émergents ont rebondi après leur correction de juillet et progressent désormais de 27% en 2026, portés principalement par le secteur technologique. Mais cette concentration est aussi une vulnérabilité.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
SécuritéL’armée de terre française lance ses unités de drones de combat – enfin !
Testés et approuvés. A la manière des Ukrainiens, les forces françaises commencent à se doter de télépilotes de « FPV » opérationnels pour accompagner chars et blindés -
Guerre de positionsDe Glucksmann à Retailleau, la campagne présidentielle dans le piège de la radicalité
Les prétendants à l'Elysée issus des partis de gouvernement promettent une révolution en cas de victoire le 2 mai prochain. Mais quand sa première qualité est d'être raisonnable, peut-on parler comme les extrêmes ? -
Choix publicsL’impôt n’est pas un projet de société : la preuve par 5
La redistribution ne produit pas la mobilité ; au contraire, elle a figé les hiérarchies : la France est égalitaire, mais injuste