Les investisseurs reviennent en force sur les actifs émergents
Le biais accommodant de la Fed a permis d’attirer 51 milliards de dollars en janvier, avec un rebond des devises et actions émergentes et un resserrement des spreads.
Publié le
Patrick Aussannaire
Avec leur discours nettement plus accommodant, la Fed et la BCE ont donné un coup de pouce indirect aux actifs émergents. Les devises émergentes se sont ainsi appréciées de 3,5% en moyenne depuis le début de l’année, ce qui porte leur rebond à 6,2% depuis leur point bas atteint en septembre dernier face au dollar. Les meilleures performances ont été enregistrées par le rand sud-africain (7%), les pesos chilien (5,5%) et colombien (4,5%), le rouble (4,5%) et le real brésilien (3%), contrairement à la roupie indienne, qui a reculé de 2% face à la montée des risques avant les élections d’avril et mai. Le leu roumain a également été sous pression depuis la mise en place par le gouvernement d’une taxe sur les banques, qui l’a fait sortir de sa bande de fluctuation autorisée.
Cette embellie s’est manifestée aussi sur le niveau des rendements d’Etat émergents, avec une compression de 70 pb depuis le début d’année du spread moyen de l’indice JPMorgan EMBI, tombé à 370 pb, son plus bas depuis mi-octobre 2018. Sur le marché actions, l’indice MSCI Emergents, lui, s’est repris de 10%. Les chiffres de l’Institute of International Finance (IIF) montrent que les actifs émergents ont bénéficié d’achats nets étrangers de 51,1 milliards de dollars en janvier, le montant mensuel le plus fort depuis janvier 2018 et partagé par l’ensemble des régions. Les flux nets de capitaux (bancaires et investissements directs étrangers) ont en outre été positifs pour le deuxième mois de suite, hors Chine, où les sorties ont reculé à 37 milliards de dollars le mois dernier.
Dans ce contexte, les réunions cette semaine de nombreuses banques centrales émergentes (Brésil, Inde, Mexique, Russie, Philippines, Thaïlande, Pologne, Roumanie, République tchèque) seront très suivies par les investisseurs. D’autant que le consensus anticipe un statu quo sur leurs taux pour l’ensemble d’entre elles, du fait du recul des pressions inflationnistes lié au rebond des taux de change. En outre, les rumeurs font état d’une première baisse du taux de prêts à un an par la PBoC depuis 2015, d’ici à la fin de semaine. En excluant Turquie et Argentine, l’inflation moyenne a légèrement reculé depuis un an dans 20 pays émergents, sauf Russie, à des niveaux inférieurs à leur objectif, ce qui laisse entrevoir des baisses de taux sauf en cas de nouvelle crise de change.
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