Les investisseurs privilégient les fonds d’infrastructures et d’immobilier
La photographie actuelle des levées de véhicules de capital-investissement est trompeuse. En effet, la collecte de deux méga-fonds de LBO, en particulier celui de Blackstone (dont l’objectif pourrait même atteindre les 20 milliards d’euros selon certaines sources), fausse la perspective. Malgré le redémarrage des acquisitions à effet de levier depuis la fin de l’année dernière, elle ne doit pas laisser penser que les très grandes transactions sont de retour.
«Auprès de nombreux investisseurs institutionnels, les méga-fonds ont toujours aussi peu de succès; ils leur préfèrent les véhicules ciblant les opérations de midmarket», explique Tim Friedman, porte-parole de Private Equity Intelligence (Preqin). En outre, souligne-t-il, «les véhicules de plusieurs milliards de dollars – ou d’euros – levés juste avant l’éclatement de la bulle financière ont été très peu actifs ces deux dernières années. Ils disposent encore de sommes importantes à investir et n’ont pas besoin d’en collecter à nouveau.»
La liste ci-dessous illustre qu’au sein de la vaste famille du private equity, le LBO n’a pas vraiment retrouvé sa cote d’amour. En dehors de Blackstone et Morgan Stanley Private Equity, toutes les autres structures ciblent d’autres métiers que les LBO. Les infrastructures et l’immobilier sont particulièrement bien représentés, sans oublier les situations spéciales, le secondaire (acquisition de parts de fonds déjà levés auprès d’investisseurs) et la dette décotée, trois segments qui ont profité de la crise.
Pour autant, il faut là encore demeurer prudent. «Les professionnels de l’immobilier ont beaucoup de mal à lever de l’argent; c’est le secteur qui a le plus souffert depuis deux ans. Il dépend énormément du marché de la dette», nuance Tim Friedman. Cela dit, ce dernier remarque la vigueur de la demande dans les infrastructures, qui «permettent de se couvrir contre l’inflation».
Si les professionnels du private equity et leurs investisseurs commencent à voir le bout du tunnel, le marché risque d’être tendu pendant encore plusieurs mois. Preqin estime que la collecte devrait atteindre entre 50 et 60 milliards de dollars dans le monde au deuxième trimestre, un montant équivalent, au mieux légèrement supérieur, au premier.
Plus d'articles du même thème
-
L’économie américaine est suspendue aux élections de mi-mandat
Alors que Donald Trump fait face à une impopularité record sur fond de pouvoir d’achat miné par l’inflation et la guerre en Iran, les élections de mi-mandat du 3 novembre menacent de faire basculer le Congrès. -
La fièvre des matières premières ne faiblit pas
Le récent repli des matières premières, en raison des tensions sur les taux et la hausse du dollar, ne les empêche pas d’afficher une performance historique cette année, à des plus hauts depuis le super cycle de 2000. -
Les dettes bancaires souffrent du «sell-off» obligataire sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
EditorialLa souveraineté, comme un cabri
Jeannette zu Fürstenberg, présidente de General Catalyst, cite le Général à propos de ce qu'elle préfère appeler l'autonomie stratégique : « Je ne suis pas anti-américain, je suis simplement anti-dépendance » -
Entre deux chaisesLes souverainistes de retour à la tête d'un Québec plus anti-indépendance que jamais
Les souverainistes du Parti québécois ont remporté les élections législatives dans la province lundi. Ils promettent un référendum pour se séparer du Canada, au moment où l'indépendance n'a jamais été aussi impopulaire dans les sondages -
Budget : en quête de crédibilité, Marine Le Pen ne renonce pas à la radicalité
140 milliards d’euros d’économies, une règle d’or, des marchés à rassurer : le RN promet une mue gestionnaire en vue de 2027. Mais derrière la peinture budgétaire, les marqueurs radicaux demeurent, sur fond d’affaire Bardella qui hante encore le parti