Les investisseurs français sont très actifs sur l’immobilier d’entreprise
L’investissement dans l’immobilier de bureaux parisien a retrouvé son dynamisme au deuxième trimestre. La progression est forte, avec un doublement des montants investis par rapport à l’année dernière, ce qui permet au premier semestre d’afficher une performance supérieure de 12% à sa moyenne de long terme, à 6,4 milliards d’euros d’après les chiffres Immostat publiés hier. Mais les incertitudes liées au Brexit et le manque d’offre devraient plafonner la performance annuelle, attendue entre 15 et 18 milliards d’euros d’investissements d’après JLL, en retrait par rapport au record de 2015 de 24 milliards.
Les Français se sont montrés particulièrement actifs, raflant plus de 80% des transactions, note Virginie Houzé, directrice études et recherche chez JLL. Notamment sur les grandes transactions, traditionnellement privilégiées par les investisseurs internationaux, «les Français ont été plus agressifs». Ces opérations supérieures à 100 millions d’euros ont largement rebondi, avec notamment deux transactions dépassant les 300 millions. La tour First à La Défense a été acquise par Axa et les Assurances Crédit Mutuel pour environ 800 millions d’euros, alors que le 65 avenue des Champs-Elysées a échappé aux investisseurs français et a atterri dans l’escarcelle d’un investisseur originaire du Moyen-Orient pour 490 millions d’euros.
Le nombre de transactions s’inscrit à un niveau historique pour un premier semestre, juste derrière 2007, avec 137 opérations. Le manque d’offres se fait sentir sur Paris, les investisseurs étant revenus à La Défense, qui engrange plus d’1 milliard d’euros d’engagements avec cinq opérations, et sur le péri-Défense, propulsant le croissant Ouest à 1,1 milliard d’investissements.
«Le nombre de mètres carrés en développement est assez faible, et le taux de pré-commercialisation élevé. L’offre de produits neufs se renouvelle peu, ce qui permettra d’absorber l’offre excédentaire sur certains secteurs, notamment à l’Ouest», explique Virginie Houzé. Alors que la demande locative progresse bien et devrait atteindre 2,4 millions de m² placés sur l’année, l’offre disponible diminue de 7%, à 3,7 millions de m². Sur les 1,1 million de m² livrables d’ici la fin 2017, plus de la moitié ont déjà trouvé preneur. «Cela permet d’anticiper de nouvelles baisses de l’offre d’ici la fin de l’année», remarque Richard Malle, directeur de la recherche en France chez BNP Paribas Real Estate.
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