Les investisseurs du private equity craignent la surabondance de fonds

Après les collectes dynamiques des trimestres précédents, les professionnels s’interrogent sur leur capacité à trouver des cibles de qualité
Antoine Landrot

Après la disette, le trop-plein. Alors que les professionnels du capital-investissement se réjouissaient du redémarrage soutenu des levées de fonds au deuxième trimestre, au cours duquel 139 milliards de dollars ont été collectés (du jamais vu depuis fin 2008), ils s’inquiètent maintenant de savoir s’il se trouvera un nombre suffisant d’entreprises de qualité pour y placer tout cet argent. «C’est une préoccupation importante des investisseurs comme des gérants de fonds actuellement», explique Preqin dans sa dernière étude.

Les sommes levées au deuxième trimestre sont logiquement allées alimenter les montants restant à investir («dry powder»). Preqin estime que cet argent disponible atteignait 1.047 milliards de dollars au mois d’août, contre 945 milliards en décembre 2012. Un niveau qui renoue avec les sommets atteints en décembre 2008 et 2009, où les fonds en attente avaient dépassé les 1.060 milliards, conséquence de l’éclatement de la bulle financière après des années de collecte record.

Etant donné la popularité des fonds de LBO auprès des investisseurs au sein du private equity, ce segment représente la part la plus importante de «dry powder»: elle progresse de 11%, à 393 milliards de dollars. Mais signe des anticipations d’une augmentation du nombre de sociétés sous LBO en difficulté, les montants destinés aux fonds distressed progressent de 17% (à 76 milliards). Reste à savoir s’ils trouveront suffisamment de cibles.

Signe de son hyperactivité des mois passés dans la collecte, l’européen CVC Capital Partners cumule 19,6 milliards de dollars non investis, devant les américains KKR (17,5 milliards), Apollo (15,7 milliards), Blackstone (14,8 milliards) et Goldman Sachs (12,4 milliards).

Il est encore trop tôt pour savoir si les craintes de surabondance de fonds sont justifiées. Le nombre et surtout la valeur cumulée des LBO se sont contractés assez nettement au deuxième trimestre 2013 par rapport au trimestre précédent (62 contre 86 milliards de dollars). Mais l’activité reste importante par rapport aux périodes plus lointaines: en effet, les trois premiers mois de 2013 constituaient un sommet depuis le troisième trimestre… 2007.

Mais la contraction semble se poursuivre au troisième trimestre, selon les chiffres préliminaires de Preqin: 37 milliards de dollars, pour 463 opérations annoncées à mi-septembre. Une poursuite de cette tendance à travers 2014 ne serait pas de bon augure.

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