Les investisseurs doutent de l’efficacité de l’Union bancaire en Europe
L’Union bancaire, qui agite tant les chancelleries du Vieux Continent depuis un an, ne semble pas convaincre les investisseurs européens. Selon une enquête menée par l’agence de notation Fitch sur ce thème entre le 1er et le 31 juillet, ceux-ci doutent à 72% qu’un système bancaire commun réduise réellement le risque de défaut des banques de la zone euro.
Les raisons principales pour expliquer cette incrédulité sont au nombre de trois: 39% des sondés estiment que les trois piliers du projet (supervision unique organisée par la BCE, mécanisme de résolution en cas de faillite et garantie de dépôts centralisée) ne seront pas tous totalement appliqués; 27% craignent que le mécanisme de résolution n’encourage les pouvoirs publics à moins soutenir leurs banques en cas de difficultés; enfin, 6% estiment que ces mesures sont, quoi qu’il en soit, insuffisantes.
Toutefois, le sondage s’étant déroulé sur l’ensemble du mois de juillet, la publication par la Commission européenne, le 10, d’une proposition de mécanisme de résolution unique (MRU) a eu un effet positif sur la perception de l’Union bancaire: les investisseurs ont été 35% à croire en l’efficacité du projet pour contenir les faillites après cette date, contre 20% auparavant.
Fitch rappelle que, selon sa propre analyse du projet, les piliers pourront avoir des implications contradictoires sur le risque de défaut. Ainsi, «un superviseur unique devrait apporter une cohérence et faciliter la comparaison dans l’évaluation des risques et la manière dont les banques communiquent leurs chiffres. De nombreux régulateurs nationaux ont anticipé en […] exigeant de leurs banques qu’elles renforcent leurs fonds propres avant l’évaluation des bilans prévue dans le cadre de la supervision unique […]. Ceci devrait réduire le risque de faillite, explique Fitch. Mais le MRU pourrait rendre moins probable le soutien des banques par les Etats, ou au moins rendre plus probable la participation des créanciers senior à une résolution.»
L’agence estime en effet qu’un conseil de résolution à l’échelle de la zone euro hésiterait probablement moins à réserver une intervention publique coûteuse aux banques les plus solides, au détriment des plus fragiles, pour des questions d’économies. «Si les propositions finales impliquaient un soutien moindre des Etats, les investisseurs établiront probablement une hiérarchie entre les banques selon leur solidité», conclut-elle.
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