Les investisseurs de long terme veulent peser au Parlement européen
Alors que le plan Juncker est encore dans les limbes, une coalition d’investisseurs et d’industriels a convaincu une soixantaine de députés européens de créer un intergroupe parlementaire consacré à l’investissement de long terme. «Cet intergroupe devrait promouvoir un débat substantiel sur tous les sujets liés à l’investissement de long terme en vue des futures initiatives réglementaires visant à stimuler l’investissement», peut-on lire dans la profession de foi de ses sponsors.
Ces sujets couvriraient un champ très vaste: des règles prudentielles pour les assureurs et les banques, à la régulation des infrastructures de transport ou d’énergie, en passant par la création de nouveaux instruments financiers ou le fléchage de crédits européens dans le cadre du plan Juncker de 300 milliards d’euros.
A l’origine de cette initiative, la Caisse des dépôts et consignations a réussi à rallier 17 autres sponsors. Parmi eux: les banques publiques allemande KfW et italienne CDP, les fédérations européennes du crédit hypothécaire (EMF) et des covered bonds (ECBC), celle des assureurs, Insurance Europe, mais aussi les associations des gestionnaires d’infrastructures ferroviaires et de l’industrie électrique.
«Tout le monde ne parle que d’investissement de long terme. A l’intérieur du Parlement, plusieurs commissions s’en occupent: budget, transport, environnement, affaires économiques et monétaires. Mais il n’y a pas d’endroit où l’on puisse se mettre autour d’une table les politiques, les financeurs et les porteurs de projet», explique le député Dominique Riquet (UDI), qui pourrait présider l’intergroupe. «Le but est d’avoir une prise de parole commune» du Parlement , ajoute-t-il.
Constitués d’un bureau de 4 élus appuyés par un petit secrétariat que le Parlement et les intérêts privés financent, les intergroupes n’ont pas de rôle législatif. Mais, en organisant conférences et briefings, ils permettent de multiplier les contacts entre les élus et les opérateurs privés ou publics. La concurrence est rude pour obtenir la création de tels véhicules d’influence. Les principaux groupes politiques feront leur choix cette semaine dans une liste de plusieurs dizaines de propositions émanant de leurs élus. Chaque intergroupe devant recevoir l’appui d’au moins trois groupes politiques, la liste définitive de la vingtaine d’intergroupes qui recevront l’imprimatur et le soutien financier du Parlement sera arrêtée par les présidents de groupe le 11 décembre.
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