Les industriels reprennent l’avantage sur les fonds dans les acquisitions
En 2006-2007, lorsque les acquisitions initiées par des fonds représentaient plus de 20% des volumes de fusions-acquisitions (M&A), les industriels dénonçaient leur impuissance à rester concurrentiels en termes de prix du fait des leviers utilisés par les fonds.
Mais les temps ont changé. Coup sur coup, deux dossiers (Sperian et Fruité) viennent de tomber dans l’escarcelle d’industriels (Honeywell et Britvic), laissant les fonds sur le bord de la route.
Il faut dire qu’au moment où les fonds recommencent à peine à faire jouer les leviers, «certains corporates ont sécurisé leur assise financière en restructurant leur bilan», explique Thomas Campion, managing director d’UBS Investment Bank France. De quoi se donner de la marge.
Ainsi, Britvic n’a pas hésité à s’offrir Fruité pour 9,6 fois l’Ebitda. Un peu plus que le ratio moyen de 9,3 utilisé dans les transactions françaises du secteur sur le mid-market selon Thomson Reuters. Honeywell a quant à lui surenchéri de 67% sur Cinven pour mettre la main sur Sperian, valorisant sa cible à 12 fois l’Ebitda, contre des ratios moyens de 10 sur le secteur en Europe.
Pour aller aussi haut, les industriels ont en main un autre atout: «les corporates peuvent aussi compter sur la complémentarité de leurs actifs pour dégager des synergies», ajoute Thomas Campion. Britvic a par exemple précisé qu’une fois intégrées les synergies espérées, le ratio de valorisation de Fruité était ramené à 6,4 fois l’Ebitda. Et si Honeywell reconnaît que la reprise de Sperian sera dilutive de 4 cents par action sur son résultat 2010, il assure qu’elle sera relutive dès 2011.
Que peuvent alors faire les fonds ? «Il reste tout de même des dossiers, comme Picard, qui de par leur nature ne peuvent intéresser que des fonds LBO», note Thomas Campion. Reste aussi les cas où les fonds peuvent à leur tour faire jouer des synergies en renforçant des actifs déjà en portefeuille (build up). Ce pourrait être le cas avec Findus Italie, mis en vente par Unilever et dont les offres de rachat sont attendues le 25 mai. Parmi les fonds en lice se trouvent Lion Capital et Permira. Le premier détient déjà Findus Group et le second Birds Eye Iglo. Deux acteurs importants du surgelé. Toutefois, avertit Thomas Campion, «si le build up peut s’envisager sur des petits apports d’actifs, il devient très complexe voire impossible sur de grands deals transformants».
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