Les grands noms du capital investissement misent sur l’Afrique
Carlyle met un pied en Afrique. Et pour marquer son premier investissement réalisé par son fonds orienté vers l’Afrique sub-saharienne, la société américaine a choisi un courtier en matières premières agricoles situé en Tanzanie, Export Trading Group (ETG). Standard Chartered et le fonds de private equity (PE) sud-africain Pembani Remgro sont ses partenaires dans cette opération.
L’investissement total se monte à 210 millions de dollars et permet au consortium d’acquérir une participation minoritaire dans le groupe africain, valorisé à plus d’un milliard de dollars, selon le Financial Times. Par le biais de sa filiale en Afrique, Standard Chartered avait déjà injecté cette année 74 millions dans ETG.
Suite au rachat de Vermillion Asset Management, Carlyle utilise son fonds africain, qui vise un montant total de 500 millions de dollars, pour renforcer ses investissements dans un secteur agricole en pleine expansion dans la région. ETG, qui se fournit auprès de producteurs locaux pour revendre, en Chine et en Inde, notamment une gamme de 25 produits allant du café aux noix de cajou, a dégagé 884 millions de dollars de revenus sur l’année fiscale achevée fin mars 2012 et table sur un quasi-doublement à 1,5 milliard cette année. Les fonds levés permettront de financer une implantation en Asie.
L’Afrique sub-saharienne est prisée par le private equity, avec une croissance qui devrait atteindre 5%. Blackstone a investi 120 millions de dollars dans la construction d’un barrage hydroélectrique en Ouganda, et KKR a récemment embauché un partenaire d’Helios Investment Partners pour rechercher des opportunités dans la région. Wendel a annoncé fin octobre son premier investissement en Afrique avec le rachat au Nigeria de 25% d’IHS, un gestionnaire indépendant de tours de télécommunications sur le continent.
Hier, ce sont la banque marocaine Attijariwafa Bank et Invest AD, filiale du fonds souverain d’Abu Dhabi, qui ont annoncé le lancement d’un fonds actions destiné à investir dans des sociétés africaines, mais cotées.
Cependant, la course au gigantisme généralement pratiquée par le private equity semble pour le moment s’arrêter aux portes du continent africain. Les investissements y sont ciblés et de taille réduite. Seulement 700 millions de dollars ont été investis par le secteur en Afrique de janvier à fin septembre, contre 1,1 milliard sur l’année 2011.
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