Les gérants européens d’obligations high yield peinent à se faire entendre
Cela pourrait devenir une tradition annuelle, aux alentours de Pâques. S’ils n’ont pas été entendus lors de leur sortie à la même période l’an passé, les gérants d’actifs européens spécialisés sur le marché des obligations high yield (à haut rendement) montent à nouveau au créneau pour réclamer davantage de protection pour leurs investissements. Dans une lettre ouverte adressée cette semaine à l’Association européenne des marchés financiers (AFME), les 21 plus importants d’entre eux ont «souligné un certain nombre d’inquiétudes qui constituent actuellement la priorité des investisseurs». Parmi les signataires figurent BNP Paribas IP, Muzinich & Co, Pictet Asset Management, Pioneer Investments, Robeco, Fidelity, Henderson GI, Threadneedle, Invesco Perpetual, Schroders ou encore Alliance Bernstein.
Ces gérants européens réclament une amélioration des structures de marché et des garanties (covenants) en Europe, plus de transparence sur les opérations de trading, sur les droits de vote, ainsi que sur les structures de remboursement des obligations high yield. Ils souhaitent un alignement des pratiques de divulgation des informations de marchés sur les standards du marché high yield américain. Ils mettent également en avant une détérioration des covenants, ainsi qu’une disparité des règles entourant les droits de vote associés à la détention d’obligations pourtant considérées comme pari passu, c’est-à-dire bénéficiant d’un traitement identique. Enfin, ils souhaitent la fin des périodes dites de non-call durant lesquelles les obligations qui viennent d’être émises ne peuvent être remboursées.
Si les émissions d’obligations d’entreprises notées en catégorie investment grade (les mieux notées) ne sont qu’à 5 milliards d’euros du record historique mensuel sur le marché en monnaie unique, après le gel du marché primaire en début d’année, le segment high yield reste quant à lui très en retrait. Avec des volumes de 5,7 milliards d’euros depuis le début du mois, il réalise certes son meilleur mois depuis juillet dernier. Mais le montant total émis sur le segment depuis le début de l’année reste, à 7,1 milliards, bien inférieur aux 29 milliards réalisé au cours du premier trimestre 2015. Le record avait été établi en 2014, lorsque les émissions d’’obligations high yield avaient atteint quelque 76,6 milliards d’euros.
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