Les fonds immobiliers font renaître de ses cendres le marché des IPO en Espagne
A l’arrêt depuis avril 2011 et l’IPO de Bankia, de sinistre mémoire pour ses souscripteurs, le marché espagnol des introductions en Bourse s’apprête à renaître de ses cendres. Trois projets de cotation à la Bourse de Madrid sont déjà bien avancés, notamment sous l’impulsion de fonds de private equity.
Outre le voyagiste Odigeo, propriété des fonds Permira et Ardian, qui pourrait lever 350 millions d’euros début avril, deux de ces projets concernent l’immobilier. Le secteur, sinistré depuis 2008, voit affluer depuis quelques mois des intérêts étrangers pariant sur un rebond.
Les gérants de hedge funds George Soros et John Paulson ont ainsi investi 92 millions d’euros chacun au capital d’Hispania Real Estate, a révélé samedi le Financial Times. Cette société d’investissement immobilier coté, un statut équivalent à celui des Siic en France et connu sous le nom de Socimi en Espagne, a annoncé son intention de lever 500 millions d’euros auprès d’investisseurs privés et à travers une IPO. Son prospectus est en cours d’approbation par les autorités boursières.
Hispania est gérée par Azora, une société de gestion d’actifs créée en 2003 par l’ancienne responsable des activités immobilières de Santander. Azora a notamment acquis l’été dernier pour 200 millions d’euros quelque 3.200 logements situés à Madrid et dans sa périphérie. George Soros avait déjà témoigné de son intérêt pour l’immobilier espagnol en décembre, en prenant 3% de FCC, le géant du groupe de BTP dans lequel Bill Gates avait investi deux mois plus tôt.
Si l’IPO d’Hispania va à son terme, il s’agira de la deuxième introduction en Bourse d’une Socimi après celle de Lar España Real Estate. Cette dernière a annoncé le 13 février qu’elle comptait lever 400 millions d’euros sur les marchés en vendant 40 millions d’actions à 10 euros. La mise à prix définitive et la première cotation sont censées intervenir le 6 mars. JPMorgan dirige la transaction. Propriété du Grupo Lar, détenu par la famille Pereda, la société d’investissement cible en priorité l’immobilier commercial décoté.
Le groupe a d’ailleurs racheté fin décembre avec le fonds Fortress pour 146 millions d’actifs vendus par la Sareb, la structure de défaisance du secteur bancaire espagnol.
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