Les fonds du Golfe poursuivent leur percée à l'étranger
La hausse des prix du pétrole réveille les ambitions du Golfe. Dernière cible en date pour les investisseurs d’Abou Dhabi: RBS. La BBC rapportait mardi que Londres serait en «négociations avancées» pour céder jusqu'à un tiers des 83% qu’il détient dans la banque britannique. Après avoir injecté près de 5 milliards de livres dans Barclays en Octobre 2008, le Financial Times évoque un investissement du cheikh Mansour et de ses partenaires de 10 milliards, dont 5 milliards en actions (soit 14% du capital) tandis que les 5 autres seraient injectés sous forme de dette contingente, convertible en actions à terme.
Le Trésor britannique a certes rappelé qu’il ne vendrait pas à perte. Or, si l’action a rebondi à près de 29 pence hier et qu’Abou Dhabi pourrait être prêt à consentir une prime, le cours actuel est loin des 50,2 pence payés par Londres lors du sauvetage de la banque en 2008. Il n’empêche, ces rumeurs illustrent la puissance des fonds du Golfe.
Un jour plus tôt, Mubadala Development Company, une société d’investissement d’Abou Dhabi, avait annoncé avoir investi 2 milliards de dollars dans la holding brésilienne EBX appartenant au milliardaire Eike Batista pour s’octroyer une participation de 5,63% dans le groupe. Il s’agit du plus gros investissement dans les pays émergents pour la société qui détient 46 milliards de dollars d’actifs et des participations dans General Electric et Carlyle.
Cette transaction «marque notre premier investissement de taille dans l’un des marchés en plus forte croissance et constitue un pas important dans le développement stratégique de Mubadala au Brésil et en Amérique latine» a indiqué son directeur général, Khaldoon Khalifa Al Mubarak. En début de mois, le fonds souverain du petit émirat, Advanced Technology Investment Company (Atic), avait annoncé le rachat des 8,8% que le groupe américain AMD détenait encore dans le fabricant de puces Global Foundries. De quoi lui assurer de détenir la totalité du capital.
Le fonds souverain du Qatar n’est pas en reste. Qatar Holding a récemment multiplié les montées au capital dans les plus grands groupes français. Il détient 2% du capital de Vivendi (une participation évaluée à 350 millions d’euros), 1,03% du capital de LVMH (680 millions d’euros), 2% de Total (plus de 2 milliards d’euros) et désormais 12,83% de Lagardère. Le Qatar est également présent chez Vinci, Veolia environnement ou encore EADS. Une dernière participation stratégique.
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