Les fonds d’investissement français vont devoir relever le défi de l’étranger
Le soleil se lèverait-il sur le capital-investissement français? En octobre dernier, l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) avait tiré la sonnette d’alarme face au risque de pénurie de capitaux pour financer les entreprises, après un mauvais premier semestre, lequel suivait un exercice 2012 déjà maussade. Le ton est plus optimiste aujourd’hui, d’après les chiffres annuels de l’association.
Grâce à un second semestre dynamique (à 4,6 milliards d’euros), les équipes établies en France ont levé 8,2 milliards l’année dernière. Un montant de 64% supérieur à la collecte 2012. Motif de satisfaction: la progression ne profite pas qu’aux fonds de LBO/transmission (+88% à 3,93 milliards), mais aussi au capital-développement (+50% à 2,84 milliards), qui inquiétait la profession.
Toutefois, le marché est soutenu par quelques grands fonds, comme Ardian (qui a levé 2,8 milliards à cheval sur 2012 et 2013), Capzanine (350 millions) ou Montefiore (240 millions): 60% de la collecte sont concentrés sur les véhicules supérieurs à 200 millions. Parallèlement, la contribution des investisseurs étrangers a fortement augmenté, passant de 30% à 45%. «Les équipes qui lèvent des fonds de taille moyenne ont un accès difficile aux investisseurs internationaux, qui recherchent des véhicules importants», en conclut Bertrand Rambaud, administrateur de l’Afic et président de Siparex.
«La diversification de la base d’investisseurs est l’enjeu de nos métiers, confirme Louis Godron, président de l’Afic. Il est difficile pour les équipes réduites, même performantes, de se créer une réputation à l'étranger. Cela coûte très cher et prend du temps». C’est pourtant une nécessité, car ces sociétés de gestion voient leur base d’investisseurs traditionnels – en particulier les banques régionales – réduire, voire supprimer leur allocation au private equity.
Le regain d’intérêt manifesté par les institutionnels français (assureurs, caisses de retraites…) depuis fin 2013 reste à confirmer. «Ils réalisent que cette classe d’actifs est utile car ses rendements sont décorrélés des marchés obligataires», explique Louis Godron, qui vilipende à l’occasion Solvabilité 2, défavorable aux placements des assureurs dans les actions non cotées.
La nouvelle réglementation n’encourage pas les institutionnels non initiés à découvrir le private equity. «Mais ils s’y intéressent désormais. On sent une volonté de se le faire expliquer», affirme Louis Godron.
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