Les fonds développent le financement obligataire privé dans les LBO en France
Le financement obligataire privé se développe dans l’univers des LBO en France. Le laboratoire Biomnis, détenu par le fonds d’investissement Duke Street depuis 2008, vient en effet de procéder à un refinancement à hauteur de 150 millions d’euros via une émission obligataire privée. Cette opération intervient après le montage réalisé fin 2010 par Intermediate Capital Group (ICG) dans le cadre du rachat avec effet de levier de la chaîne de restauration Courtepaille par Fondations Capital. ICG avait alors apporté un financement exclusivement obligataire de 160 millions d’euros.
Le type de refinancement réalisé sur Biomnis «offre une rapidité dans sa mise en place, comparativement à un montage dette senior / mezzanine classique nécessitant l’intervention de plusieurs banques ou à un financement high yield où le recours à une agence de notation est nécessaire», explique à L’Agefi Cécile Levi, responsable des activités mezzanine chez Axa Private Equity (PE). Le high yield est en outre réservé à des transactions de plus grande taille (300 millions minimum). La mise en place de l’opération n’a duré que deux mois. «Nous observons actuellement l’intérêt de nombreux fonds pour ce type de montage, qui offre une grande réactivité», relève Christophe Vulliez, directeur chez Axa PE Mezzanine. Le fonds envisage de resyndiquer par la suite une partie de la dette auprès d’un ou deux partenaires.
Par ailleurs, le montage «répond à un besoin de flexibilité, les obligations n’étant effectivement tirées que lorsqu’une acquisition est réalisée. Le remboursement in fine de cet endettement, de maturité 6 ans, permet de consacrer les cash-flows de la société à ses projets de développement», explique Xavier Clarke, directeur d’investissement chez Duke Street.
Le financement obligataire est composé de deux tranches, l’une de 100 millions d’euros dédiée au refinancement de la dette existante composée de dette senior et de dette mezzanine (apportée en 2008 par Axa PE), l’autre de 50 millions d’euros dédiés aux projets de croissance du groupe, dont le budget est estimé à quelque 100 millions d’euros sur les trois prochaines années.
Cette deuxième tranche sera débloquée au fur et à mesure des acquisitions qui seront réalisées, réduisant dès lors le versement des frais financiers par rapport à un financement classique. Ces frais s’établiront entre les 9% en moyenne d’une obligation high yield et les 15% d’une dette mezzanine.
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