Les fonds de private equity sont sous pression à l’achat et à la vente
Le compteur tourne pour les fonds de capital investissement. Le coup d’arrêt à l’activité enregistré depuis l’été 2011, et la baisse des valeurs en Bourse, met les sociétés de gestion sous une double pression. D’un côté, elles sont assises sur un trésor de guerre qu’elles ne parviennent pas à investir. De l’autre, leurs propres investisseurs leur réclament des retours de cash, mais les fonds ne sont pas dans les meilleures conditions pour céder leurs sociétés en portefeuille.
«Nous sommes en présence d’un surplus de capital structurel», résume Jérôme Brunet, associé chez Bain & Co, et responsable France du pôle private equity. Dans une étude publiée hier, le cabinet de conseil estime à plus de 900 milliards de dollars dans le monde le montant des capitaux engagés, mais pas encore appelés (c’est-à-dire investis) par les fonds. Ce montant atteint 370 milliards dans le seul compartiment des rachats à effet de levier (buy-out), chez des géants comme Blackstone, Carlyle ou CVC. Ces munitions se concentrent dans les grands véhicules levés lors des millésimes 2007 et 2008, particulièrement en Europe, et qui ne sont investis qu'à 50%.
Le temps presse. Si les capitaux ne sont pas mis au travail d’ici à fin 2013, les general partners (GP, les gérants) devront libérer les limited partners (LP, investisseurs) de leurs engagements. Ils feront donc un trait sur leurs commissions de gestion et leur participation aux plus-values (carried interest). «Il y aura trop de capital en quête de trop peu de transactions tout au long de 2012, car les vieux fonds seront en concurrence à la fois entre eux et avec des GP gérant des millésimes plus récents», estime Bain.
La pression à la vente est tout aussi forte. Ces mêmes fonds ont en portefeuille près de 2.000 milliards de dollars d’actifs. Les investisseurs s’impatientent: les fonds des millésimes 2006 et 2007 n’ont par exemple remboursé à leurs LP qu’à peine 10% des capitaux engagés, alors qu’à la même période de leur cycle de vie, les véhicules lancés en 2001 en étaient déjà à 70%.
Problème, beaucoup d’actifs en portefeuille ne sont pas mûrs pour la vente. «Les gérants en détiennent encore l’écrasante majorité à des multiples de valorisation inférieurs à ce dont ils ont besoin pour toucher leur carry», relèvent les auteurs de l’étude. Dans 40% de l’échantillon étudié, le multiple n’atteint pas une fois la mise de départ.
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