Les fonds de private equity rétrocèdent davantage à leurs investisseurs
Le rapport de force entre les fonds de private equity et leurs investisseurs continue d’évoluer en faveur de ces derniers. Cette mutation, sensible depuis quelques années, s’est accélérée en 2014 et concerne en premier lieu les honoraires de contrôle (monitoring fees). Ces primes, qui rémunèrent divers services, parfois pendant plusieurs années après la cession d’une société, sont désormais en grande partie rétrocédées aux investisseurs par les grands acteurs du secteur.
Traditionnellement, les fonds de private equity facturent à leurs limited partners des frais de management équivalent à 1% à 2% des fonds qui leur sont confiés. S’ajoute à cela le carried interest, c’est-à-dire une part de la plus-value réalisée par le fonds d’investissement lors de la revente d’une société, si le fonds a rempli les engagements en termes de performance. Ce pourcentage, qui correspond à une prime de performance, est généralement de l’ordre de 20%.
En sus de ces rémunérations, les fonds ponctionnent sur les sociétés des monitoring fees, justifiés par leur présence au conseil d’administration ainsi que diverses prestations de conseil, lors d’opérations de build-up ou de structuration de dette. Via un «Management Services Agreement», un montant forfaitaire pouvait être dû sur des périodes allant parfois jusqu’à 20 ans. A la revente de la société, cette dernière devait alors procéder à un versement accéléré des monitoring fees. Selon des documents cités par le Wall Street Journal (WSJ), ces honoraires ont totalisé 2,1 milliards de dollars entre 2008 et 2013 chez les quatre plus grands fonds d’investissements cotés américains.
D’abord intégralement perçus par les fonds, ces monitoring fees ont progressivement été reversés via une réduction des management fees aux investisseurs, pour qui la pratique réduisait la valeur de leur investissement en siphonnant des liquidités. Alors que la norme se situait l’an dernier aux alentours de 80% de rétrocession, le WSJ avait rapporté en juin 2013 qu’Apollo avait décidé de reverser l’intégralité de ces frais. Depuis, KKR, TPG et Blackstone lui ont emboîté le pas.
Début octobre, l’agence Bloomberg avait en outre indiqué que Blackstone allait abandonner les accelerated monitoring fees.
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