Les fonds américains poursuivent leur incursion dans l’immobilier espagnol
Les opérations se succèdent à bon rythme entre établissements bancaires espagnols et fonds américains de capital-investissement. Ces derniers ont multiplié au cours des derniers mois les rachats d’activités de gestion immobilière dans la péninsule ibérique. Dernier exemple en date, Santander a annoncé jeudi avoir conclu un accord de principe avec un fonds européen affilié à Apollo Global Management portant sur le rachat d’Altamira, la plate-forme qui gère les recouvrements de créances et les actifs immobiliers pour le compte de la banque en Espagne.
«Les actifs immobiliers et le portefeuille de crédit resteront inscrits au bilan de Santander. L’ensemble continuera à être géré par la plate-forme, mais celle-ci sera détenue par Apollo», a souligné Santander dans un communiqué. Les modalités financières de l’opération n’ ont pas été communiquées mais selon des sources citées par Reuters, la transaction pourrait atteindre 700 millions d’euros.
Toujours selon l’agence de presse, Banco Popular pourrait également céder sa propre filiale de gestion immobilière, dénommée Aliseda. Des investisseurs étrangers auraient proposé entre 450 et 600 millions d’euros pour l’activité. Centerbridge Partners, Lone Star, Kennedy Wilson, associé à Varde Partners, et Cerberus Capital Management seraient sur les rangs. Caixabank, de son côté, a officialisé fin septembre la cession de 51% de sa filiale Servihabitat au fonds Texas Pacific Group (TPG). L’opération valorise la société, forte de 22 milliards d’euros d’actifs en valeur brute, entre 250 et 370 millions d’euros en fonction du niveau des actifs gérés dans cinq ans.
Au cœur de l'été, Cataluny Banc a vendu au duo Kennedy Wilson-Varde Partners sa filiale de gestion immobilière pour 40 millions d’euros, alors que Bankia a cédé la sienne à Cerberus. Autant d’investisseurs américains appâtés par des plates-formes qui «leur garantissent une structure afin de vendre de nouveaux portefeuilles d’actifs et de les gérer», soulignait récemment dans L’Agefi Hebdo Gustavo Martinez, consultant chez Jones Lang Lasalle.
Sur le modèle du rachat d’Evo Banco par Apollo, d’autres acteurs pourraient aller plus loin en reprenant un réseau bancaire : Guggenheim Partners et WL Ross seraient ainsi intéressés par NCG Banco, un établissement nationalisé officiellement mis en vente mardi par le fonds de restructuration bancaire (Frob) espagnol.
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