Les évolutions législatives pourraient affecter le marché allemand des M&A
La robustesse de l’économie outre-Rhin et la faiblesse des taux d’intérêt ont fourni un cadre favorable aux fusions et acquisitions sur le marché allemand depuis 2010, avec une contribution grandissante des opérations émanant d’acquéreurs domestiques.
Selon mergermarket, ce type de transactions («German inbound M&A») a représenté au premier semestre de cette année 55% de l’activité en volume, mais 90% en valeur, soit environ 28 milliards d’euros. Bien que les perspectives restent positives, le cabinet d’avocats Herbert Smith Freehills souligne les effets potentiels sur ce marché des récentes évolutions législatives et réglementaires.
L’introduction à partir du 1er janvier 2015 d’un salaire minimum, déterminé non plus par branche mais à l’échelle fédérale, est susceptible d’affecter la valeur de certaines transactions en cas de non-respect du plancher horaire fixé à 8,50 euros bruts par salarié. Si l’acquéreur d’un actif physique est exonéré de toute responsabilité, le rachat d’une société aboutit au maintien des sanctions dont cette dernière sera redevable à ce titre, à savoir une amende pouvant atteindre 500.000 euros et l’exclusion pour une durée «appropriée» de participer à des commandes ou soumissions publiques.
Cette responsabilité pourra s’étendre à des parties tierces si un fournisseur ou un sous-traitant ne respecte pas le niveau de salaire minimum vis-à-vis de ses propres employés. En cas de fusion ou de scission, la nouvelle entité demeure également responsable des violations commises par l’entreprise dont elle est issue, en vertu du principe de succession universelle.
La multiplication, au cours des dernières années, des enquêtes liées à la conformité (compliance), a concerné des entreprises emblématiques du pays comme Daimler, Man, Deutsche Telekom ou Siemens. Dans ce dernier cas «le coût global des amendes pour corruption, des honoraires de conseil et des dépenses liées à la mise en œuvre d’un nouveau système de conformité peut être estimé à 3 milliards d’euros depuis 2006», précise les avocats de Herbert Smith Freehills.
Lors de la phase de due diligence, l’acquéreur devra être particulièrement attentif à ce risque réglementaire qui pourrait conduire la cible à devoir payer des amendes substantielles accompagnées de dommages et intérêts, ou l’exclure de toute participation à des commandes publiques, y compris dans des pays tiers.
{"title":"","image":"81470»,"legend":"Fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Maekn permet aux cabinets de créer leurs propres plateformes clients
Ce nouveau service en marque blanche est une extension de la solution professionnelle Maekn One. -
HSBC lance son premier stablecoin dollar
Ce jeton sera déployé sur l'application de paiement pour particuliers PayMe, qui compte 3,3 millions d'utilisateurs à Hong Kong. Le nouveau produit renfloue l'arsenal de la banque en matière de finance tokenisée. -
EQT Corp s’offre Range Resources pour créer un géant américain du gaz naturel
En absorbant son rival pour 13 milliards de dollars, le producteur d'hydrocarbures mise sur l'explosion de la demande énergétique des data centers induite par l'IA.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
SuccessionJournal d'une succession, J-187 : l’embuscade des outsiders
Chaque jour, l’Opinion raconte les coulisses de la campagne présidentielle la plus dangereuse de la Ve République. Ames sensibles s’abstenir. -
VendettaAprès l'attentat de Trappes, le maire Ali Rabeh déclare la guerre aux médias
L'édile n'hésite pas à associer les élus d'extrême droite, les médias qui les interviewent, et les terroristes racistes dans une même chaîne de responsabilité -
« Un vernis de souveraineté » : pourquoi Marine Le Pen veut relancer la recherche d’hydrocarbures en France
La candidate du Rassemblement national promet d’abroger « la stupide loi Hulot » qui interdit depuis 2017 la recherche d’hydrocarbures en vue de leur exploitation en France.