Les Etats-Unis sèment les germes d’un mois d’août agité
Un nouveau train de mesures d’assouplissement monétaire en zone euro annoncé pour septembre, une première baisse des taux de la Fed qui en appelait d’autres… Fin juillet encore, toutes les conditions semblaient réunies pour que les opérateurs de marché passent un mois d’août tranquille. Mais en deux jours, les Etats-Unis ont considérablement accru les risques de turbulences sur les marchés financiers ces prochaines semaines.
Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a d’abord déjoué les anticipations en laissant entendre que la baisse préventive de 25 points de base des Fed Funds, décidée le 31 juillet, ne serait pas forcément le prélude à un long cycle d’assouplissement.
Valeurs refuge à la hausse
Quant à l’annonce par Donald Trump, le 1er août, d’une hausse surprise de 10%des tarifs douaniers sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises, au lendemain de discussions commerciales qualifiées constructives avec Pékin, elle a envoyé le prix des actifs risqués au tapis. En Europe, l’indice actions Euro Stoxx 50 a terminé en baisse de 3%. Les valeurs refuge, comme le Bund allemand, le yen et le franc suisse, sont reparties à la hausse.
«La baisse des taux ‘faucon’ de la Fed a déjà entraîné une première salve de prise de profits sur les actifs risqués et les émergents ; l’insuffisance de liquidité, les valorisations, le Brexit, la guerre commerciale durable et les interventions sur le marché des changes pourraient faire peur aux investisseurs et entraîner une explosion de la volatilité», notent les stratégistes change de la Société Générale. Les investisseurs surveillent en particulier l'évolution du yuan face au dollar (lire par ailleurs).
Les professionnels s’inquiètent aussi d'éléments techniques, tels que les mouvements de ventes automatiques de la part de fonds systématiques (CTA) ou risk-parity contraint de rééquilibrer leurs portefeuilles. «Dans notre scénario de base, nous nous attendons à ce que les ventes d’actions de la part d’acteurs comme les CTA n’aillent pas au-delà du débouclage de positions longues», note Masanari Takada, stratégiste quant chez Nomura. «Mais si la deuxième quinzaine d’août apporte des signes clairs que le redressement des indicateurs économiques américains s’essouffle, on pourrait assister à un mouvement mondial de vente d’actions, tant de la part de CTA que d’investisseurs fondamentaux», prévient l’analyste. La Fed aurait alors au moins une bonne raison de baisser ses taux...
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