Les Etats-Unis ont créé beaucoup moins d’emplois que prévu en août
Les Etats-Unis ont créé nettement moins d’emplois que prévu en août, les incertitudes sur la situation sanitaire se traduisant par un ralentissement des embauches dans le secteur de la distribution.
Selon les données publiées vendredi par le département du Travail, 235.000 emplois nets ont été créés en août, après 1,05 million en juillet et 962.000 en juin en données révisées. Les économistes interrogés par le Wall Street Journal anticipaient 720.000 créations d’emplois aux Etats-Unis en août.
«L’emploi dans le commerce de détail a reculé au cours du mois», a souligné le département du Travail dans un communiqué.
Le taux de chômage ressort à 5,2%, conformément au consensus. Il s'établissait à 5,4% en juillet. Le taux de chômage aux Etats-Unis se situait à 3,5% en février 2020, dernier mois avant l'éclatement de la crise sanitaire dans le pays. Il avait atteint le niveau record de 14,8% en avril 2020 avant de diminuer progressivement.
De quoi désorienter la Fed ?
Les chiffres de l’emploi étaient particulièrement attendus par les investisseurs, alors que la Réserve fédérale (Fed) a lié le resserrement de la politique monétaire au redressement du marché du travail. Lors de la conférence de Jackson Hole fin août, son président Jerome Powell a confirmé l’intention de la banque centrale de réduire ses rachats obligataires avant la fin de l’année sans toutefois annoncer de calendrier précis.
Des créations d’emplois inférieures à 500.000 «pourraient déstabiliser la Fed» et la conduire à reporter au mois de novembre l’annonce officielle de la réduction des rachats d’actifs, actuellement de 120 milliards de dollars par mois, estimait Naeem Aslam, analyste chez AvaTrade, avant cette publication.
De nombreux banquiers centraux américains se sont prononcés pour une mise en place rapide de ce «tapering» malgré les incertitudes sur l'évolution de la situation sanitaire et les progrès du variant Delta. Ils souhaitaient toutefois disposer de nouvelles données sur le marché du travail pour évaluer la solidité de la reprise avant d’amorcer le retrait des mesures de soutien monétaire.
La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed aura lieu les 21 et 22 septembre.
L’accélération de l’inflation ces derniers mois aux Etats-Unis plaide également en faveur d’une politique monétaire moins accommodante, même si Jerome Powell a réaffirmé en août que les pressions sur les prix liées aux difficultés d’approvisionnement et à la réouverture de l'économie devraient se révéler temporaires. Jusqu'à présent, l'évolution des salaires n’a pas alimenté les craintes d’assister à une spirale inflationniste.
Le taux d’activité est resté stable par rapport au mois de juillet, à 61,7%. Ce taux s'établissait à 60,2% en avril 2020, son niveau le plus bas depuis 1973, mais dépassait 63% au début de 2020.
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Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse -
Meta annonce 8 000 licenciements pour accélérer sur l’intelligence artificielle
New York - Meta a annoncé jeudi en interne le licenciement de 8.000 personnes, soit environ 10% de ses effectifs, ainsi que la suppression de 6.000 postes actuellement non pourvus, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Dans un mémo, la responsable des ressources humaines, Janelle Gale, a justifié cette décision par la volonté de «gérer l’entreprise plus efficacement et de compenser les investissements» du groupe, engagé dans une course effrénée à l’intelligence artificielle (IA). Meta comptait 78.865 employés fin décembre, selon des documents transmis au régulateur américain des marchés, la SEC. Fin 2022, la maison mère des réseaux sociaux Facebook et Instagram avait lancé un premier plan social portant sur 11.000 postes, avant un second, en mars 2023, incluant 10.000 personnes supplémentaires. Entre fin 2023 et fin 2025, les effectifs de Meta ont cru de plus de 11.000 salariés, en net. Même si l’IA n’a pas été mis en avant pour contextualiser la contraction annoncée jeudi, fin janvier, le PDG Mark Zuckerberg avait fait un lien direct entre cette technologie et des économies de coûts. «Des projets qui auparavant auraient nécessité de grosses équipes sont maintenant menés à bien par une seule personne de grand talent», avait-il affirmé. En conséquence, «nous parions sur les contributions individuelles et réduisons la taille des équipes». Dans le même temps, Meta dépense des sommes colossales dans le développement et l’utilisation de l’IA. L’entreprise de Menlo Park (Californie) prévoit ainsi d’investir entre 115 et 135 milliards de dollars en 2026, en grande partie pour s’assurer de capacités suffisantes pour l’IA, des puces aux centres de données. Fin février, Meta a fait état d’un accord avec l’américain AMD portant sur l’achat de millions de puces, pour au moins 60 milliards de dollars. Quelques minutes après la diffusion de la nouvelle, l’action Meta abandonnait près de 3% à la Bourse de New York. © Agence France-Presse