Les Etats-Unis envisagent de mettre sur le marché des obligations à cent ans

Le but est de profiter de la faiblesse des taux et d’étaler le paiement de la dette publique. Les banques ont déjà manifesté un fort intérêt
Patrick Aussannaire

Les Etats-Unis cherchent à rassurer sur leur dette. A l’occasion de la réunion trimestrielle du Treasury Borrowing Advisory Committee qui s’est tenue lundi, regroupant des représentants du Trésor, de la Fed de New York et des dirigeants de banques, l’idée a été émise de mettre sur le marché des bons du Trésor de maturités de 40, 50 et même 100 ans, contre un maximum de 30 ans aujourd’hui. L’idée a déjà été testée. Le Royaume-Uni, la France et la Chine ont déjà mis sur le marché des obligations à 50 ans. Les émissions à respectivement 100 ans et 50 ans réalisées récemment par le Mexique et Goldman Sachs ont toutes deux reçu une forte demande de la part des investisseurs.

Les 13 dirigeants de banques telles que Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, RBS Securities, Bank of America, mais aussi les fonds d’investissement Soros Fund Management, Moore Capital et Tudor Investment Corp présents à la réunion auraient appuyé cette idée et seraient prêts à acheter ce type d’obligations à hauteur de 2.400 milliards de dollars sur les 5 prochaines années. «Les membres ont constaté qu’il existait une forte demande pour des obligations de grande qualité et de maturité longue de la part d’entités avec des besoins de long terme» ont révélé les minutes de la réunion, publiées mercredi. L’intérêt pour ces institutions financières serait de respecter les nouvelles règles de fonds propres de Bâle 3, mais également la loi américaine de réglementation financière, le Dodd-Frank Act.

Pour le gouvernement, l’intérêt d’émettre des obligations plus longues est de profiter du niveau historiquement bas des taux d’intérêt, et d’étaler le paiement des intérêts de la dette sur une période significativement plus longue, alors que des inquiétudes ont été soulevées de la part des agences de notation et du CBO sur le dérapage des finances publiques outre-Atlantique. Cependant, les économistes craignent que le report de la dette sur les générations futures soit perçu par les marchés comme un artifice, alors que le taux 10 ans américain a atteint son plus haut niveau de l’année hier à 3,491%.

Alors que la Chine détenait en novembre dernier 896 milliards de dollars de dette américaine et le Japon 877 milliards, le Trésor a annoncé avoir maintenu son programme de refinancement de 72 milliards sur 3, 10 et 30 ans qui aura lieu la semaine prochaine.

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